‹ Le Faust de GoetheChapitre 43 sur 166 · LE HARZ · texte numérisé non relu

LE HARZ

Région des montagnes de Schicke et Elend.

FAUST, méphistophélés.

Méphistophélès. Ne ferais-lu point cas (riin manche à balai? Quant à moi. je souhaiterais d'avoir ici le bonc le plus vigoureux. Sur ce chemin, nous sommes encore loin du but.

Fai'st. Tant que je me sens ferme sur mes jambes, ce bâton noueux me suffit. A quoi sert d'abréger le chemin? Errer dans le labyrinthe des vallées, grimper sur ces rochers d'oii la source jaillit éternellement à bouillons, n'est-ce pas le plaisir qui assaisonne une telle route? Le printemps circule déjà dans les bouleaux; les pins eux-mêmes en ressentent les influences : ne devrait-il pas agir aussi sur nos membres?

Méphistophélès. Pour moi, je n'en éprouve rien. J'ai l'hiver dans le corps. Je voudrais de la neige et de la gelée sur mon sentier. Comme le disque échancré de la lune rougccàtre monte tristement avec sa tardive lueur! Quelle pitoyable lumière ! A chaque pas, on va donner contre un arbre ou contre un rocher. Attends un peu, que j'appelle un feu follet. J'en vois un là-bas qui tremblote et s'ébat à plaisir. Holà, mon ami! puis-je

t'inviter à venir vers nous? Que fais-lu donc à flamber sans profit pour personne? Sois assez bon pour éclairer nos pas jusqu'en haut.

Le feu follet. Par déférence, j'espère que je réussirai à forcer mon naturel léger. Notre course ne va guère d'habitude qu'en zigzag.

Méphistophêlès. Eh, eh! voyez le drôle, il vent singer les hommes? Va droit, au nom du diable, on j'éteins, d'un souffle, l'étincelle de ta vie !

Le feu follet. Je le vois, vous êtes le maître de céans, et je veux me rendre de bonne grâce à vos souhaits. Mais pensez! la montagne aujourd'hui est pleine d'enchantements; et dès qu'un feu follet vous dirige, il ne faut pas vous montrer trop exigeants.

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