‹ Le Faust de GoetheChapitre 45 sur 166 · PREMIERE PARTIE. IT.'i · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. IT.'i

Vêtus lie ronge et de gris, S'en vont trottant par myriades Dans la mousse et les gazons verts ; Et comme de vils éclairs, Des énieraudes vivantes, Les mouches incandescentes Tourbillonnent dans les airs.

Restons -nous ù cette place, Ou bien voulons-nous aller Plus loin cncor dans l'espace ?

Tout commence à s'ébranler, Arbres, rochers ; les vents ronllent Des profondeurs aux sommets ; On ne voit que feux follets Qui s'augmentent et se gonllent.

Méphistophélès. Tiens-toi ferme au pan de mon habit! Voici un sommet intermédiaire d'où l'on découvre les splendeurs de Mammon dans la montagne.

Faust. Comme étrangement reluit à travers les abîmes une lueur boréale et crépusculaire qui pénètre jusque dans les profondeurs du gouffre! là monte une vapeur, plus loin filent des exhalaisons malsaines. Ici, à travers un voile de brouillards, flambe une ardente clarté, tantôt se déroulant coinme un léger fil, tantôt jaillissant comme une source vive. Ici, elle serpente une longue distance avec mille veines à travers la vallée; et plus loin, dans une gorge étroite, elle se ramasse tout d'un coup. Près de nous tombe une pluie d'étincelles qui couvrent le sol d'une poussière d'or; mais regarde, là, dans toute sa hauteur, la muraille de rochers s'enflamme.

Méphistophélès. Le seigneur Mammon n'éclaire-t-il pas magnifiquement son palais pour la fête? Un vrai bonheur pour toi d'avoir vu cela ! Je pressens déjà l'approche des hôtes turbulents.

Faust. Comme l'ouragan se démène dans l'air! comme il frappe ma nuque à coups redoublés !

Méphistophélès. Accroche-toi aux flancs du roc, autrement il va te précipiter au fond de cet abîme. Un nuage obscurcit la nuit. Entends-tu craquer les arbres dans les bois? Les hiboux volent épouvantés. Entends-tu éclater les colonnes des palais toujours verts? Ecoute le frémissement plaintif des rameaux qui se brisent, l'ébranlement sonore des troncs d'arbres puissamment secoués, le sifflement des racines ! Tous, dans le pêle-mêle effroyable de leur chute, s'en vont tombant les uns sur les autres ; et les vents, à travers les gouffres éboulés, tourbillonnent avec des hurlements aigus. Entends-tu des voix sur les hauteurs, de loin et de près? Oui, tout le long de la montagne gronde un furieux chant magique.

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