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Le 21, urines moins colorées, abondantes, 4.200 centimètres cubes. Pansement peu imbibé.
Jusqu'au 27, les urines contiennent du sang, mais de moins en moins. Suppression de la sonde du bassinet. À partir de ce moment elles reprennent leur coloration normale. Quant à leur quantité, au-dessous de la normale avant l'opération, elle oscillait depuis entre 1.200 et 1.600 et atteignait même 2.000 certains jours.
Le 2 février, la plaie lombaire est presque cicatrisée, cependant il sort encore un peu d'urine. Le malade commence à se lever.
Le 8 février, tout à coup, sans cause, il se déclare une hématurie très abondante en même temps que le malade est pris de colique urétérale. Cette hématurie en dépit des divers hémostatiques (ergotine, chlorure de calcium) continue pendant huit jours. Les reins étant journellement explorés au cours de cette crise, on constate que le gauche (côté opéré) a beaucoup diminué de volume; par contre, le droit est devenu beaucoup plus gros. La cystoscopie pratiquée le huitième jour montre que la vessie est saine et pendant le temps que dure lexamen on ne voit sortir de sang par aucun des deux uretères.
Aussitôt après cette exploration cystoscopique, dès la première miction qui suit, le sang disparait des urines. Cependant l'hématurie se reproduit encore et dure une journée environ, le 25 février.
A partir de cette date, rien ne vient plus entraver la guérison. Le malade sort de l'hôpital le 2 mars, ne souffrant plus du rein gauche, qui ne peut être perçu par la palpation, tandis que le rein droit est un peu gros, quoique non douloureux spontanément ou à la pression.
La dernière analyse des urines faite le 26 février donne:
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Densité à 15 ne ME 1017
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Dépôts très nombreux leucocytes, hématies. Pendant deux mois et demi, le malade continua à se porter très bien, mais vers le milieu de mai, sans avoir constaté de modifications du côté des urines, il constata que ses jambes étaient un peu enîlées le soir et que son ventre grossissait. Son appétit diminua, ses digestions devinrent pénibles et il éprouva de la douleur dans la région du foie. L’examen de l’abdomen révéla l'existence d'un réseau veineux sous-cutané très abondant du côté droit et d’une légère ascite : Le foie débordait le rebord costal de deux travers de doigt et était douloureux. Sous l'influence du régime lacté et du repos, les troubles digestifs se dissipèrent, la circulation veineuse et l’ascite disparurent, le foie diminua.
En août, le malade se sentait bien et avait pu reprendre en partie son travail.
OBseRvATION II (Parez, Annales des mal. génito-urinaires, 1° février 1906)
A. M..., àgée de quarante-neuf ans, tisseuse, entre le 29 juillet 1905, salle Ste-Catherine (hôpital de la Croix-Rousse), service de M. Bérard, suppléé par M. Patel.
La malade n’a pas uriné depuis six jours. Son état semble assez menaçant ; la dyspnée est extrême : le pouls est rapide, fort, hypertendu ; les pupilles sont un peu rétrécies. La température est de 39°%5. Une sonde introduite dans la vessie ne ramène aucune goutte d'urine.
La malade peut s'exprimer facilement, malgré son état angoissant ; elle raconte qu'il y a déjà bien longtemps, elle a eu à diverses reprises des coliques néphrétiques du côté gauche, avec émission, les jours suivants, de petits calculs qu'elle a conservés et qu'elle nous montre. Depuis, elle a toujours ressenti des pesanteurs douloureuses dans les lombes, principalement du côté gauche ; mais c’est sans cause connue, que brusquement, il y a six jours, elle a complètement cessé d'uriner.
La palpation de la région lombaire révèle une résistance très marquée de la paroi; la pression est douloureuse, il est impossible d’aller plus profondément, même avec des manœuvres progressives de palpation bimanuelle. Il n’y a pas de voussure au-dessous des fausses côtes.
Du côté droit, la paroi est plus souple, non douloureuse: mais une
role
certaine résistance, avec l’adiposité de la malade, ne permet pas une exploration complète ; néanmoins on peut percevoir que la région lombaire est occupée par une masse qui est mobile dans les mouvements respiratoires ; il n’y a pas de douleurs.
Le toucher vaginal ne révélait rien dans la partie inférieure des uretères.
Le diagnostic d’anurie calculeuse est porté et on décide l'intervention du côté gauche, étant donnés les antécédents si précis de la malade et la résistance de la paroi à ce niveau.
Intervention (le 27 juillet).— La malade est couchée sur le côté droit, la région lombaire gauche saillante. Anesthésie légère à l’éther.
Incision classique de la néphrotomie, allant jusqu’à l’épine iliaque antéro-supérieure.
On découvre la face externe du rein ; celle-ci apparaît immédiatement bosselée, parsemée de kystes multiples. En cherchant à mobiliser le rein, on se rend compte qu'il se prolonge dans la fosse iliaque droite ; il adhère énormément au feuillet pariétal du péritoine. On voit que la néphrotomie serait très difficile sinon impossible, et on se borne à faire une décapsulation aussi étendue qu'on le peut; en dilacérant la capsule, plusieurs kystes sont ouverts; l’hémorragie est assez abondante à la surface externe du rein. Drainage à la gaze ; fermeture de l'incision à la partie supérieure.
Suites opératoires. — Le soir de l'opération, la malade à eu une débâcle de trois litres d'urine ; elle ressent un grand soulagement, la dyspnée est moindre.
30 juillet. Température, 39° le matin ; 39° le soir. Deux litres d'urine dans la journée. Etat très satisfaisant.
31 juillet. Température, 838%5 le matin; bon état; les urines sont très abondantes. Le soir, température 39°5 ; état moins bon.
1: août. Température, 39° le matin ; 40°3 le soir. L'anurie revient ; la dyspnée reparait ; des secousses musculaires se produisent dans les membres.
2 août. Température, 39°%5 le matin; 41° le soir. Etat encore plus grave.
3 août. Coma. Température, 40°8 le matin, 41°3 le soir. Mort.
Autopsie. — L'autopsie a permis de recueillir les reins malades.
PS ar 0
Le rein gauche pèse 470 grammes (la majorité des kystes a été pourtant ouverte). IL mesure 30 centimètres de long et 12 centimètres de large. Le bassinet contient quatre calculs du poids total de 16 grammes ; l'un d'eux, le plus volumineux, pèse 5 grammes; il est effilé, fusiforme et sa plus mince extrémité s'engage dans l’extrémité supérieure de l’uretère.
Le rein droit encore plus volumineux pèse 480 grammes ; il mesure 33 centimètres de long sur 15 centimètres de large. Le bassinet contient deux calculs du poids total de 5 grammes,
Tous ces calculs sont durs, réguliers et sont vraisemblablement formés d'acide urique. Les deux reins sont criblés de kystes innombrables, de dimensions les plus variables.
A noter que les plus volumineux siègent dans la substance médullaire; dans la région corticale ils sont plus nombreux mais plus petits: quelques-uns des kystes volumineux viennent cependant faire saillie sur la face externe du rein, près de la région du hile.
Il n'existe nulle part de tissu rénal ayant un aspect normal; à la périphérie, le tissu est dur, lardacé.
Les deux bassinets sont distendus, les uretères sont normaux.
Les autres viscères abdominaux ne présentent aucun kyste ; le poumon et le cœur n’ont pu être examinés, l’autopsie complète n'ayant pas
été permise.
OBsERVATION IV (RÉSUMÉE) (Barrrina et Pascuaz, Annales des mal. génito-urinaires, 15 juillet 1907)
J. G..., àgée de quarante ans, est visitée par l’un de nous le 18 août
Antécédents héréditaires. — Père mort en trois jours, à l’âge de soixante-huit ans, présentant des phénomènes cérébraux. Mère morte subitement, sans que nous sachions à la suite de quelle maladie. Frères en bonne santé.
Maladies antérieures. — Rien de particulier, la malade a toujours joui d’une parfaite santé, excepté en ce qui a trait à la maladie actuelle, Certains symptômes d'anémie se manifestèrent, en outre, pendant sa jeunesse,
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Affection urinaire. -— Celle-ci commence à se révéler à l’âge de quinze ans par une douleur dans la région lombaire qui s’accentuait lors des périodes menstruelles. Le médecin consulté établit le diagnostic d’ectopie rénale. Mariée à vingt ans, la malade devient enceinte, et la grossesse aussi bien que l'accouchement sont complètement normaux. A cette même époque, les douleurs du côté du rein continuent à être les mêmes et à ce qu’il semble, conformément au diagnostic d’ectopie, la douleur lombaire se calme avec le repos.
Il y à environ huit ans, le lumbago diminua notablement. II y acinq ans, la malade eut une attaque de colique néphrétique du côté droit, laquelle dura trois jours. Elle eut ensuite quatre autres attaques de coliques néphrétiques du mème côté et, au début de la dernière, expulsa un calcul d'aspect urique. La malade se soumit alors à un traitement antilithiasique (lisidine et station à Saint-Hilaire-Sacalm) à partir duquel, et en l’espace de quatre ans, la malade expulsa huit petits calculs du même aspect que le premier. Dès lors, la douleur des reins s’atténua encore davantage.
Au moment de la première visite, la malade sollicite les secours de la science à cause des douleurs qu’elle éprouve dans le bas-ventre et parce qu'elle a fréquemment des envies d'uriner. Elle urine alors deux fois pendant la nuit et une fois toutes les heures de la journée.
Elat général. — Laisse beaucoup à désirer. IL y a perte d’appétit, étourdissements, envies de vomir et diarrhées qui succèdent à une constipation obstinée. Il existe des troubles visuels ; pendant trois jours la malade voit les objets très voilés et délormés; elle voit comme d'énormes ballots et demeure presque aveugle. Néanmoins, le système nerveux se maintient ferme: il a d’ailleurs toujours été ‘très bien trempé et il n'existe et n’a jamais existé le moindre soupçon d'hystérisme. Des céphalalgies excessivement douloureuses se déclarent en même temps.
L'exploration nous fournit les données suivantes :
Urètre : Sécrétion nulle et bon: calibre.
Vessie : Légère cystocèle vaginale par déchirement du périnée. L’exploration de la vessie avec instruments mous est négative, ainsi que la palpation combinée.
Rein droit a son volume très augmenté ; on perçoit à la palpation
quelques bosselures. Le rein est ectopié.