HISTORIQUE — INTRODUCTION
L'histoire du rein polykystique peut se diviser en trois périodes :
lo Une période anatomique, où il n'existe qne des observations et descriptions anatomiques des kystes du rein.
20 Une période pathogénique.
3o Une période clinique contemporaine, suivie elle-même d'une phase thérapeutique.
I. PÉRIODE ANATOMIQUE. — C’est au commencement du xvire siècle que nous trouvons la première observation de rein kystique: C’est une vieille femme de quatre-vingts ans, à l’autopsie de laquelle Guillaume Fabrice de Hilden constata la transformation des deux reins en kystes séreux.
Cinquante ans plus tard, Willis, dans son livre Pathologia cerebri, note aussi une observation de reins polykystiques.
Morgagni, au début du xvie siècle, dans ses leçons de Padoue, parle de cas fort nets de kystes du rein et assure que la rupture de ces kystes peut donner lieu à certaines ascites.
Bonet, Seger, Bose, Lips, Van Dœveren, Darles, Littre, Howship, Bouilland, Conradi en citent des exemples.
En 1790, dans sa thèse De renum morbis, Othmar Heer rapporte un exemple de dégénérescence enkystée des reins chez un nouveau-né.
Sandifort, Chaussier au commencement du siècle dernier
en citent plusieurs observations et Hufeland donne une description assez détaillée de ce qu'il appelle la maladie Kkystique des reins.
?ollet rapporte le cas d’une femme trouvée morte dans la rue et qui ne présentait aucune autre maladie.
Meckel,en 1826, relate l’observation d’une dégénérescence kystique d’un rein et l'absence de rein du côté opposé.
Oslander en 1821 et Heusinger en 1827 citent des cas semblables.
Mais jusqu'en 1840 aucune classification n'avait été faite sur les kystes du rein. En 1841, Rayer, dans son Traité des maladies du rein, relate six observations : dans l'une d'elles, le rein était Kkystique et contenait une matière jaune, « de la cholestérine ». Il divise les Kystes du rein en kystes simples, kystes acéphalocystiques, kystes urinaires. Il décrit avec une grande exactitude l'aspect du rein polykystique. Il montre l'extrême gravité de cette affection qu'il appelle la « dégénérescence enkystée des reins ». Il conclut en disant que «c'est un mal sans remède. »
Cruveilhier lui donne lenom de «transformation kysteuse ». Lejars lui donnera celui de « gros rein polykystique». Bouchacourt parle de « dégénérescence hydatide et hydatiforme des reins chez le fœtus. »
Au milieu du siècle dernier, Bristowe remarque la coexistence de la dégénérescence du foie et des reins.
IL. PÉRIODE PATHOGÉNIQUE.— Avec Virchow (1864) l'histoire du rein polykystique entre dans une nouvelle phase: celle des recherches pathogéniques et, dans son livre de la Pathologie des’ Tumeurs, il se base sur plusieurs observations publiées quelques années auparavant pour édilier sa théorie. Ayant remarqué à l’autopsie d'un malade mort d’une dégénérescence kystique des reins une atrésie complète du bassinet el des papilles, cet auteur dit que le rein polykystique résulte d'une simple distension des voies urinaires par rétention et obstruction. Il ajoute que cette distension par rétention vient d'une népbhrite interslitielle intra-utérine, aboutissant à la