JULIE, AR1STE
JULIE
Vous me voyez revenir, monsieur, quoique je vous aie quitté avec assez de vivacité. J'ai fait réflexion que ce pouvoit être un sage motif dans celui que je veux avoir pour époux , qui le fait douter de mon penchant. Je voudrois répondre aux objections qu'il pou rr oit me faire, et l'assurer combien il est digne de mon estime.
▲ aiste.
Je n'ai pas bien compris quelle espèce de dispute il pouvoit y avoir eu entre vous et le marquis , mais je ne puis que vous engager tous deux a vous réconcilier au plus tôt. La sympathie est une loi impérieuse à laquelle on veut en vain se 90 us traire , et quelque réflexion que la raison nous inspire , il faut céder au trait qui nous a frappé^ quand le destin le veut.
xuli£, a part.
Il est toujours dans 1 erreur, et je n'ose encore l'en tirer.
▲ ai »*£.
Me sera t-il permis de le àhc ? Je sens h'wa en qui fait vulie imiiie. Vous craignez (jue I<; woirîs
ne soit pas aussi convaincu du mérite du marquis que vous l'êtes ; et , à mon égard , il faudrait qu'il fut plus parfait pour qu'il me parât digne de vous. Mais enfin le penchant que voua avez pour lui me le fait respecter, et le justifie devant moi de tous ses défauts.
JULIE
Vous me conseille* donc de le prendre pour époux ?
AAISTZ.
Je vous conseille , comme j'ai toujours fait , de ne consulter que votre cœur.
ÎULIE.
Si vous me conseillez de ne consulter que mon cœur , je suivrai votre avis. Je suis , pour la dernière fois, résolue de découvrir mes véritables sentiments ; maïs comme il en coûte toujours infiniment & les déclarer, je cherche quelque innocent stratagème , et je pense qu'une lettre m'épargneroit une partie dé ma honte.
A m 9 TE.
Eh bien ! écrivez. Il est permis d'écrire à un homme que l'on est sur le point d'épouser. Une lettre, effectivement, expliquera ce que vous n'auriez peut-être pas la force de dire de bouche , et l'explication est nécessaire après le petit démêlé que vous avez eu ensemble.
J'exige roi s encore de votre complaisance que tous l'écrivissiez pour moi.