SCÈNE XII
LES MÊMES, MICHEL, en garde à pied.
{Michel., une main au bonnet, et une dépêche dans l'autre main , se tient droit à la porte du fond. )
Qu'est cela?
MICHEL
Une dépêche qu'un courrier apporte de l'armée; épuisé de fatigue, il est tombé sans connaissance au bas de l'escalier, j'ai pris sa dépêche et je l'apporte.
Donne!
POTEMRIN.
C'est mon protégé : le drôle ne manque pas une occasion de se pousser en avant.
MICHEL , à part.
L'impératiice va me voir.
CATHERINE , qiù rt lu la dt'pcchc.
Qu'est-ce à dire.^ Romanzoffme mande qu'il n'attaque pas les Turcs paice que l'armée du grand visir est deux fois plus nombreuse que la sienne.
POTEMKIN
Pitoyable raison !
CATHERINE , fjui (i sûisi tiiie plumc , ci écrit à droite. <> Les Uomains ne s'informaient point du nombre de leurs
« ennemis, mais du lieu où ils ctaienl. pour les combattre cl « les vaincre. » Qu'un courrier parte à l'instant et porte cela au
maréchal. [Michel s'avance.) Prince Potemkin, quel est donc
cet homme ? Je ne le connais pas.
Je l'ai fait entrer aujourd'hui même dans les gardes liesl original.
Mais il est bien petit.
MICHEL
Oh ! Votre Majesté, je grandirai!
CATHERINE , à ilemi-voix.
Qu'il ne reste pas plus long-temps dans ce corps d'élite ; il est trop laid.
MICHEL , à part.
L'impératrice parle de moi !
CATHERINE, à Michel.
Va-t-en!
MICHEL, à part.
L'impératrice m'a parlé.
{Il sort.) CATHERINE.
Plus de jeux pour aujourd'hui, messieurs; il faut que je m'occupe des Turcs : à demain les plaisirs ! LOWiNSKi , à part.
Ademain le bonheur !
CHOEUR