RUSSES, ESCLAVES
CHOEUR
An. ^e M. Caraffii.
Honneur, honneur à notre souveraine!
Sur son passage appelons les plaisirs ; Puisqu'aux soucis noire bonheur l'encliaiin'. Nous devons charmer ses loisirs.
CATHEBINE.
Ucccvez toutes mes félicitalions, prince Potcmkin : votre niagiiificencc et votre bon goût semblent encore s'être surpassés aujourd'hui.
POTEMKIN
Quelques efforts que je tente, puis-je jamais recevoir dignement Votre Majesté?
Prince de Ligne, êtes-vous salifait?
LE PRINCE
Comment ne pas l'être?
Ah! nous tâchons de nous montrer à vous du beau côté : vous êtes l'œil de l'Europe ouvert sur nous autres pauvres barbares. Les voyageurs comme vous sont dangereux : il faut les séduire, ou les faire pendre.
LE PRINCE
Je suis tout prêt à me laisser séduire.
A propos, j'oubliais de vous annoncer que l'ambassadeur de France vient de me remettre, au nom de M. de Voltaire, un exemplaire de ses derniers ouvrages : il en est un dont le titre a vivement piqué ma curiosité; c'est une tragédie intitulée, l'Orphelin de la Chine. Voudrez-vous demain nous en faire la lecture, prince de Ligne?
LE PRINCE
Ce sera pour moi un double plaisir.
Je vous remercie : ù demain donc! vous entendez, messieurs?... Maintenant, prince Potemkîn , ne nous conduisezvous pas dans les salles du bal?.
POTEMKIN
Je suis aux ordres de Votre Majesté. ( bas à Pauleska.) N'oubliez pas votre promesse ! ù dix heures^ sous ce bosquet.
CATHERINE, rt part.
C'est ici!
LOWiNSKi , à pari.
Sous ce bosquet, à minuit !
Allons! qui m'aime, me suive.
I,E PRINCE
Ce lieu va être désert.
PAi'LESKA, « part.
J'y reste, moi !
( Tout le monde s'éloigne sur le cUœ.ur. )
CHOEUR
Honneur, honneur à notre souveraine , etc. ( Pauleska demeure seule. La cour entre par le péristyle. )