‹ Le favori, ou, La Cour de Catherine IIChapitre 19 sur 45 · SCÈNE Y · texte numérisé non relu

SCÈNE Y

iMlCHEL, kORSAROFF.

MICHEL

(iloire à Dieu et à saint Neuski! me voilà hors d'affaire!

KORSAKOFF

Grâce à moi! Je connaissais heureusement le faible du prince : pour une bonne soupe au sterlet, il donnerait cent paysans.

MICHEL

Je lui en ferai une dont j'espère qu'il sera content.

KORSAKOFF

Ton avenir dépend de cette soupe-là. Ne va pas l'oublier!

MICHEL

Je n'ai garde!... Mais, dis donc, cousin, tu as l'air d'être aussi dans les bonnes grâces du prince? quand il est parti, il t'examinait en souriant.

RORSAKOFF.

C'est vrai !

MICHEL

Il te destine peut-être à me remplacer.

KORSAKOFF

Comment?-

MICHEL

Dans les ours.

KOBSAKOFF.

Imbécile !

MICHEL

Dame ! qui sait ? tu ferais un bel ours, toi !

KORSAKOFF, d ilemi-vo'ix.

Le moment n'est ]tas loin peut-être où nous saurons à quoi nous en tenir sur la science de la sorcière.

Tu crois ?

KORSAROll'.

Je le soupçonne.

Aiu : Je loge au qualrième clagc.

La fortune à mes yeux se montre.

MICHEL

Se peut-il ?

KOBSAKOFF.

Oui, mais parlons bas.

MICHEL

Il faut Cl urir à sa rencontre.

RORSAKOFF.

Crois-moi, Miciiel, ne l)ougeons pas ; En courant on fait des faux pas.

Si la fortune nous legarde, Pourquoi troubler notre repos ?

Je vais l'attendre au corps-de-garde.

MICHEL

Je l'attendrai près des fourneaux-

KORSAKOFF

Qui choisira-l-elle ?

MICHBL.

Nous verrons.

KORSAKOFF

Le comte Orlofï servait dans les gardes.

Menzikoff était pâtissier.

KOBSAKOFF.

Silence !

( Toute la cour s'avance ; Korsakoff ei Michel s'écartent. )

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