‹ Le fédéralisme dans la Haute-GaronneChapitre 27 sur 63 · EFFETS DU COUP D'ETAT DU 31 MAI DANS LA HAUTE · texte numérisé non relu

EFFETS DU COUP D'ETAT DU 31 MAI DANS LA HAUTE

GARONNE. — PROJETS D'UNION AVEC LES DÉPARTEMENTS FÉDÉRALISTES. — LUTTE DE LA SOCIÉTÉ POPULAIRE DE TOULOUSE ET DES REPRÉSENTANTS EN MISSION CONTRE L'ASSEMBLÉE DES CORPS CONSTITUÉS. — PROPOSI- TIONS DE LA GIRONDE, — DÉFECTION DE LA HAUTE- GARONNE.

On sait les événements de Paris : le Coup d'Etat du 31 mai, des 1°” et 2 juin, la proscription des Girondins, l’arrestation de 29 d’entre eux, le triomphe de la Montagne et la dictature de Paris.

La nouvelle fut accueillie par certains départements avec stupeur, par d’autres avec une véritable indignation. Les Girondins échappés : Buzot, Roland, exploitèrent cette indignation pour dresser les départements contre la Montagne. La Normandie, Lyon, le littoral méditerranéen, Bordeaux et le Sud-Ouest se soulevèrent.

Pourtant la Convention, au lendemain du coup d'Etat, garde encore son prestige. On croit volontiers qu'elle s’est laissé entraîner par un groupe de factieux, qu'il lui suffira de se ressaisir pour rentrer dans la légalité. On croit que la lutte entre patriotes

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ne peut pas se poursuivre, car elle met aux prises deux partis qui soutiennent la République. Les plus clairvoyants se rendent compte que ces querelles sont désastreuses, car les groupes d'opposition, royalistes et aristocrates, voudront en profiter pour amener la chute du régime républicain. Les plus optimistes se persuadent que la paix se rétablira entre la Montagne et la Gironde.

Cependant, la résistance au coup d'Etat s'organise et le mouvement fédéraliste qui en est la conséquence se précise. Les vieilles tendances séparatistes se font jour dans certaines régions; ainsi qu’une jalousie provinciale contre Paris qui veut mener le reste de la France. Dans les départements du Midi, le soulèvement s’accentue; à Bordeaux et dans les départements voisins, à Marseille, Toulon, à Nimes, à Montpellier. Ges départements vont adresser leur appel à Toulouse et la Haute-Garonne. Cet appel sera tout d'abord entendu.

ll s'agissait d'établir une République fédérative et de briser avec le gouvernement céntral. D'après le rapport de Julien de Toulouse à la Convention, le 4 juin 1794, au nom du Comité de Sûreté générale, l’établissemient projeté de cette république fédérative comprenait comme adhérents, dans le Sud-Ouest, les départements de Gironde, Landes, Hautes et Basses- Pyrénées, Lot-et-Garonne, Gers, Haute-Garonne. Ces départements devaient se joindre à ceux du Sud-Est. Lé parti séparatiste avait compris, dès son premier projet, qu'il n’aboutirait à un résultat certain qu'en groupant tout le Midi, uni sans défaillance contre Paris et la Montagne tout-puissants.

Pendant la première quinzaine de juin, on sembla ne pas comprendre à Toulouse la portée des événements de Paris ; les bruits alarmants, les progrès des

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