‹ Le fédéralisme dans la Haute-GaronneChapitre 26 sur 63 · DS GANTS · texte numérisé non relu

DS GANTS

souffler la discorde, avilir la Convention, prêcher la désobéissance aux lois et le mépris des autorités tutélaires.. Les départements méridionaux étaient pour eux un juste sujet d'inquiétude. Comme un soleil plus vivifiant y réchauffe la terre, un amour plus pur de la patrie et de la Révolution embrasse toutes les âmes. Ils ne pouvaient espérer d'en imposer ou de prolonger l'illusion qu’en les subjuguant par un moyen extraor-

la maison commune, pour délibérer en comité sur des mesures de sûreté générale, il est entré, accompagné de plusieurs étrangers, à forcé la consigne, violé en quelque manière l'asile et le secret de l'assemblée et, revêtu du costume national, avec Vair et le ton d’un despote, il à demandé compte de la délibération et donné l'ordre d'apporter les registres sur le bureau.

Quoique dénué de tout pouvoir, il a seul procédé à l’interrogatoire du commandant de la Garde nationale détenu, est intervenu dans la décision des représentants Mailhe et Lachaux qui le met en liberté, ainsi que dans un arrêté de suspension du Procureur-général syndic du département.

Provodation d'un congrès à Toulouse. — J1 était présent à la Société populaire et à appuyé à la tribune le projet de rassembler tous les représentants des départements méridionaux et députés de toutes les sociétés populaires du Midi pour former une sorte de congrès à Toulouse.

I1 a écrit à rlusieurs de ses collègues, notamment au représentant Ysalbeau, pour les inviter à ce congrès. Il à mis son attache aux commissions de la Société, envoyés par des courriers extraordinaires dans les départements de l'Aveyron, du Tarn, du Lot-et-Garonne, Hautes et Basses-Pyrénées, des Landes, du Gers, de l'Aude, du Gard, et Pyrénées-Orientales. 11 s’y est faussement qualifié, du moins, dans celle de l’envoyé Lacals, de représentant du peuple dans les départements du Midi de la République et, quoique sans pouvoirs, il mande et ordonne aux autorités, aux armées même, de favoriser la mission imprudende des envoyés de la Société populaire de Toulouse.

Anarchisme. — Dans toutes les circonstances et dans les lieux publics, et surtout aux séances et à la tribune de la Société, il s’est montré l'ennemi de tout lien politique, de toutes les autorités protectrices de l’ordre public. IL à fait le tableau le mlus hideux des divisions qui agitent la Convention, jeté le ‘ridicule le plus amer sur un grand mombre de représentants français, exalté avec complaisance et présenté comme les hommes les plus vertueux, les plus purs, ceux que l'opinion et tous les gens de bien a dévoués à l'exécration, accusé la majorité de toutes les trahisons, de tous les complots de la scélératesse et cherché par là à avilir la Convention, à lui ôter la confiance et le respect sans lesquels on ne peut sauver la patrie.

I1 a publié avec affectation que, dans les départements du Tarn et de l'Aveyron, il avait suspendu les 5/8 des fonctionnaires publics ; il a cherché toutes les occasions de déprimer les autorités constituées, tantôt en calomniant leur intention et leur conduite, leur faisant un crime de n’aller point assidûment à la Société populaire, dans un moment où leurs devoirs de la permanence de leurs corps respectifs absorbent tous leurs moments, tantôt en les accusant de tiédeur

dinaire, celui d’une assemblée de députés de toutes les sociétés populaires du Midi, fortifiée de quelques représentants du peuple, investis d’un pouvoir dictatorial et sous le prétexte spécieux de s'occuper du péril de nos frontières.

… Qui pourrait calculer le résultat d’un rassemblement de 800 citoyens se croyant revêtus d’un caractère de représentation et formant une sorte de Convention, rivale de la Convention même ? |

… Nous avons épié la formation de ce congrès, pour en arrêter le torrent dans sa source. Vous avez vu, citoyens, quelques-uns de ces dissidents étrangers calomnier déjà vos magistrats sans les connaître, oser leur dicter insolemment des lois, provoquer le peuple à l'insurrection (1) (2 juin).

et de modérantisme et finissant par inviter le peuple à se mettre au-dessus de la loi pour accélérer le mouvement.

I1 n'a négligé aucune occasion de pervertir l'esprit public, en l’élevant au-dessus des principes les plus sacrés de l'union sociale ; il à bassement flatté le peuple, en jetant, à tout Propos, un vernis de dérision sur les talents et les lumières; en disant que les sansculottes savaient tout sans avoir jamais rien appris, qu'avec du patriotisme un sans-culotte pouvait être législateur, général d'armée, magistrat, administrateur. Il a attaqué la propriété en insinuant avec adresse les princiLes de la loi agraire; il à menacé les propriétaires d’être dépouillés au retour des combats par les soldats de la liberté; il a promis, si on le laissait faire, le bonheur du peuple et de lui remplir l'estomac et les goussets, enfin, dans une sorte d’homélie qu’il à faite à la métropole, il a soutenu que les mœurs étaient un mot insignifiant, que les femmes pouvaient s’abandonner à leurs désirs et à leurs caprices, que les femmes auraient bientôt un tribunal de justice où elles prononceraient sur les torts des maris; en un mot, il s’est joué impudemment de toutes les vérités morales et religieuses, de tous les rapports de pudeur et de convenance qui, jusqu’à présent, avaient fait le bonheur des individus et la règle des sociétés humaïnes. »

Signés :

Dardignac, président et secrétaire de l’Assémblée générale des corps constitués, et les présidents et secrétaires des 15 sections de Toulouse, L. 762.

(1) L. 37. (Arrêtés d'administration du département de Haute-Garonne réuni aux corps constitués de la ville de Toulouse, dans la maison commune, conformément à l'arrêté en date du 16 mars dernier, pris par les trois Corps administratifs de Toulouse, réunis et assemblés dans le lieu ordinaire des séances).

Dardignac, Président.

Cette proclamation, trop longue pour être citée en entier, mais tellement précise malgré son style grandiloquent, traduit exactement les sentiments d'opposition contre Chabot et les sociétés populaires.

Tant de troubles étaient faits pour jeter l’'inquiétude dans les esprits. Le département, par mesure de défense, avait établi, par arrêté du 1* juin, et dans chaque chef-lieu de district, un conseil de sûreté composé de l'administration du distriet, du conseil général de la commune, des juges de tribunal et de paix et de 12 membres de la Société populaire pour juger les détenus. Ces détenus n'étaient plus seulement des aristocrates, royalistes ou prêtres réfractaires, c'étaient aussi les Jacobins notoires, grands meneurs de la Société populaire. Parmi eux était Mouquet, apothicaire et ami de Chabot, arrêté sur l’ordre des autorités du département. Le club. jacobin s'émut de ces arrestations, surtout de celle de Mouquet (1).

Ainsi donc, les modérés triomphent à Toulouse. Les mauvaises nouvelles venues de la Convention, achèvent d'exciter les esprits contre la Montagne. On veut se détacher de Paris qui vise à la dictature. On veut sauvegarder l'indépendance provinciale. Les autorités constituées ne comprennent peut-être pas qu'en ouvrant la lutte contre la Convention dans des circonstances si difficiles, elles s’engageaient dans une voie dangereuse. Les événements de Paris vont précipiter le soulèvement de certains départements. Les départements du Midi en particulier vont s’insurger contre la politique de la Montagne. Toulouse

(4j Le 3 juin, un membre de la Société populaire ayant demandé des renseignements sur l'affaire du sans-culotte Mouquet, détenu arbitrairement par les autorités légales, à cause de son chaud &t brûlant patriotisme, il lui à été répondu que le comité de survyeillance « ne perdait pas de vue cette malheureuse affaire qui afflige tous les bons patriotes autant qu’elle réjouit les aristocrates et ceux qui craignent la surveillance des clairvoyants. »

ET ce

et le département de la Haute-Garonne sont prêts à leur tendre la main, Les Girondins de Toulouse sont le nombre, ils ont le pouvoir et l’appui de la ma)j0rité des citoyens. Les Jacobins de la Société populaire sont seuls à demander le ralliement à la Montagne, l’obéissance et la soumission à l'autorité de la Convention. Il semble que leur voix sera étouffée et que le parti fédéraliste triomphera. Un souffle de révolte passe, comme si l’Europe ne menaçait pas nos frontières. Et le 1* juin 1793, on pouvait lire dans le journal de la Haute-Garonne la déclaration fédéraliste suivante : « Que les anarchistes osent maintenant se présenter. Ils verront si l’on pourra les détacher de cette sainte fédération de laquelle dépend le salut de la République ».

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