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député extraordinaire, auprès du Comité de Salut public, en principe pour hâter l'organisation de la défense des Pyrénées, en réalité pour se rendre compte de ce qui se passait à la Convention. Les craintes allaient croissant et les autorités avaient du mal à maintenir la tranquillité publique, à dissiper les attroupements, à calmer les inquiétudes.
Le 9 juin, une lettre de Loubers à la Société populaire qui rend compte de la « sainte insurrection » qui vient d’avoir lieu à Paris, produit une joie indicible au club des Jacobins et provoque la consternation dans la population toulousaine, unie de pensée, en majorité, aux corps constitués. Tandis que la Société populaire décide d'envoyer une adresse à la Convention pour lui témoigner sa satisfaction (1), les autorités légales du département manifestent leur indignation. |
Sans hésitation, d’abord, elles lient leur cause à celle des protestataires. Comme eux, elles veulent se séparer de la Montagne et refusent de reconnaître la dictature de Paris. « Quel est donc le dessein de cette ambitieuse municipalité ? Veut-elle dominer sur toute la République ? » (2). Dans le Midi les fédéralistes sont le nombre, la Haute-Garonne veut être avec eux. Ils disent que « puisque Paris veut dominer, il faut s’en séparer et former des états particuliers » (3).
Le 12 juin, les Corps constitués de Toulouse décident l'impression de la « brûlante adresse » des Nantais, en date du 6 juin, et son envoi dans toutes les communes du département. Ils adoptent aussi, le même jour, et ceci est fort important, les principes
(1] Danezan à été nommé rédacteur de cette adresse.
(2) Pétition présentée par Sévène aux autorités réunies.
(3) Lettre de Garau, datée d'Agen, 16 mai 1793, qui dénonce déjà les manœuvres des fédéralistes, et le nombre de « leurs sectaires dans les départements méridionaux, »
formant la base de la déclaration des Bordelais. Les esprits s’échauffaient encore à l’arrivée de Barras, de retour de Paris, Barras, « à qui la tyrannique municipalité de Paris avait refusé un passeport et qui ne put l'obtenir que sur la signature respectable de Danton et de Lacroix » (1). Barras rend compte de sa uission. [1 dépeint la situation de la capitale, les événements qui s’y sont succédés, et déclare que « la Convention n’est pas libre ». Le rapport de Barras est distribué dans toutes les communes du département.
Cependant les Bordelais précipitent le mouvement fédéraliste. Le département de la Gironde, « si cher à la République par la pureté, l’énergie de son patriotisme » prend un arrêté pour demander le jugement des 22 proscrits, « leur châtiment, s’ils sont coupables, mais, s'ils sont innocents, la tête de leurs calomniateurs ». Les Bordelais ajoutent que, si on ne leur accorde pas justice, ils sont prêts à partir à la tête d’une armée « pour réduire les anarchistes et les immoler sur les cadavres de leurs victimes ».
Cette adresse à laquelle avaient adhéré plusieurs départements est portée à Toulouse par deux commissaires. Elle y est accueillie avec enthousiasme. Toutes les demandes de secours, d'alliance, sont ratifiées par des applaudissements unanimes, Les citoyens Fages et Ruffat (2), sont envoyés vers le département de la Gironde pour se concerter non seulement avec ce département, mais avec les départements avoisinants, sur les événements qui mettent la République en deuil, et sur les mesures uniformes à prendre dans
(1) Journal de la Haute-Garonne, p. 195.
(@) Ruffat eut l’imprudence de dire à Auch en pleine assemblée: « I1 faut armer les aristocrates, se réunir aux corps constitués, aux honnêtes gens et marcher contre les Parisiens et la Montagne, faction qui opprime la Convention mationale, »