CHAPITRE II
Chemin faisant.
Le dimanche suivant, il fut fait comme il avait été convenu : nous arrivâmes en bande chez notre ami.
C'était vers le milieu d'avril. Un soleil magnifique, tempéré par le vent qui n'était pas trop fort ce jourlà, nous promettait une belle journée; et le ciel clair, sans un nuage, laissait apercevoir, vague dans le bleu matinal de l'horizon, à gauche, la masse lourde du pic de Mireval, et, en face, un souple ondoiement de montagnes lointaines, d'un aspect si léger qu'on eût dit une brume, sans la ligne charmante et fine qu'elles dessinaient sur l'azur estompé chaudement dans la perspective.
Nous sortîmes tous aussitôt au grand complet, et des groupes se firent, tout naturellement, selon les affinités d'intelligences et de caractères.