LIVRE PREMIER
il tranche le ciel avec la ligne oblique de son toit empanaché de pins, et semble vouloir accaparer pour lui tout seul l'azur et la lumière dans lesquels il trempe : il a certainement Tair de bouder aux autres petits mas blancs, posés vis-à-vis de lui sur la colline comme, sur un dôme, la halte amicale de pigeons candides et fraternels. De fines lignes de montagnes ferment Tentre-déux de ces collines chatoyantes, et en varient subtilement le profil. Au plus lointain, la fluide ondulation de la Gardiole court...
« — Ce qu'il y a d'excellent pour moi dans le paysage, » dit Roquerols, « c'est que l'agréable n'y répudie pas Futile. En effet, cette bonne ferme audelà des vignes, à gauche, satisfait à ce double point de vue. Grise et solide, de beaux figuiers à l'angle de son jardinet, pittoresquement construite avec ses toits bruns et variés ombragés par ces hauts chênes épanouis en gerbe, et son escalier de pierre montant raide jusqu'au premier étage — où est la porte, gardée d*un ample rideau de toile écrue, — elle doit avoir un cellier, un généreux cellier; et nos provisions de liquide épuisées, tel orateur de ma connaissance ne sera pas fâché de remplacer le verre d'eau sucrée traditionnel, par quelque rasade — modeste. — d'un certain petit vin blanc qui rallumerait le patriotisme dans le cœur du bonapartiste le plus endurci et le plus convaincu. »
Cette remarque eut grand crédit, comme on le pense, et plus d'un s'en souvint à l'occasion.