‹ Le fédéralismeChapitre 3 sur 160 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Je ne sais si, en général, les préfaces sont aussi inutiles qu'on le dit; mais, en tout cas, je proteste contre cette opinion à propos de celle-ci. Elle n'est point une superfluité, mais une nécessité. Les questions traitées, la matière et la forme môme du volume m'obligent à le défendre par avance de certaines critiques un peu hâtives qui pourraient lui être faites. C'est un droit que l'on ne peut contester à un écrivain d'expliquer au public son idée et son dessein ; car la critique ne peut avoir d'autorité sur l'auteur, et ne peut être efficace sur l'esprit public que par une confrontation exacte de l'idée d'un livre avec l'exécution qui y a été donnée.

IV • LE FÉDÉDÉRALISME

Je préviens donc, tout d'abord, que ce volume ne se propose point d'épuiser toutes les questions politiques, sociales, esthétiques et historiques. Il ne prétend point faire concurrence à la thèse célèbre de Pic de la Mirandole sur toute chose connaissable et quelques autres encore. Il ne faudrait pas y chercher la solution de tous les problèmes, quels qu'ils soient, qui se posent à l'esprit moderne. Aucun homme n'est compétent à trouver la solution juste de toutes ces questions, dont l'ensemble exigerait des connaissances innombrables qu'une vie humaine ne suffirait pas à acquérir, peut-être. Ce livre est plus modeste et plus sérieux. Il se propose tout simplement de donner la position historiquCy la définition historique de l'idée essentielle des temps modernes : l'idée fédérative. Les libéraux ou parlementaires ont trouvé moyen d'embrouiller toutes les questions avec le mot, qui exprime le principe qui doit les résoudre toutes : la liberté. Il s'agit, pour les générations modernes, de défaire l'œuvre confuse de cette école qui, au nom de la liberté qu'elle n'a jamais su définir, a combattu et repoussé l'une après l'autre toutes les libertés : école timide et un peu effarée, qui eut peut-être au début les meilleures intentions du monde, mais que la fatalité de ses indécisions et de ses inconséquences a fait rétrograder, petit à petit, pas à pas, jusque dans la réaction et dans le

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