‹ Le fédéralismeChapitre 71 sur 160 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

Loire. Les époques etlospénodes de celles-ci correspondent aux époques et aux périodes de celle4à. La création fut achevée dès que rtiommo se connut dans une forme appropriée à la fois à ses besoins et aux conditions de la vie ambiante : alors, la vie progressive de Thomme recommence, pour les expliquer, les phases de la nature, dont il a été le terme nécessaire, le testament vivant. Car il est la pensée de la création, et les moments de cette pensée sont nécessairement déterminés par les époques de la création. L'histoire civile traversera des phases analogues à celles qu'a traversées successivement la vie naturelle ; — jusqu'à ce que l'homme, enûn, défaille en un nouvel être inefîabje, qui se développe en lui et par lui, et qui sera sa fin, comme lui-même a été la fin nécessaire dans laquelle se sont absorbées la puissance et l'idée de la nature. La théologie hindoue divisait la vie universelle en périodes infinies, qu'elle appelait Jours de Brahma, à la fin desquels tout rentrera dans le néant primitif. Il faut mille fois quatre Kalpas, ou mille âges divins, pour accomplir un de ces Jours de Brahma : Brahma aprôs un repos d'une égale durée, recommencera^ de nouveau, par l'émanation de son esprit, un nouvel univers qui, après mille âges, rentrera encore en lui et s'y absorbera.

Ne nous enorgueillissons pas , nous sommes h peine au commencement de l'intelligence et de la conscience. Les grands empires unitaires, \es royaumes amphibies, les monarchies monstrueuses, les

communautés informes dans lesquels l'individu esl englouti, que sont-ils autre chose que ces espèces gigantesques, ces Béhémot et ces Leviathan, que le progrès de la vie organique a enfin supprimés parce qu'il les a trouvés incapables de se conformer aux conditions nouvelles imposées aux choses et aux êtres? — Déjà, à l'époque où ils approchaient de leur fin, déjà peut-être la solitude des hauts plateaux et l'escarpement des montagnes récemment émergées, abritaient contre ces dynasties puissantes une forme nouvelle, où l'homme d'aujourd'hui ne se reconnaîtrait point, mais où le geste de la pensée apparaissait enfin dans l'attitude de la tête relevée vers le ciel.

Ce précurseur ignoré ignorait la race qu'il annonçait. C'est ainsi que, parmi tous les tumultes des grands empires qui se ruaient les uns contre les autres, la Vie a préparé des peuples précurseurs dont le type généralisé marquera une nouvelle époque de l'histoire sociale : — l'époque Pédérative qui, succédant à l'époque des agglomérations unitai' res, va développer par les individus affranchis, la puissance progressive qui fera sortir l'homme hors de lui-même, vers un être supérieur que nous pouvons prédire et non pas prévoir. — Les époques de l'histoire, comme celles de la nature, ont été définies par la configuration de la terre et des eaux. Chaque période de la civilisation semble, en effet, avoir affecté un continent, dont les influences ont déterminé son caractère et ses tendances. L'Afrique,

Page 1