INTRODUCTION LUI
Deux Etats refusèrent d'abord leur ralificalion jusqu'après la mise en vigueur de la Constitution et ne cédèrent que devant la menace (1). Ce sont: la Caroline du Nord qui n'approuva que le 21 novembre 1789, et Rhode-Island qui fît attendre son assentiment jnsqu'au 29 mai 1790. Cinq Etals n'adoptèrent la Constitution qu'en formulant des critiques et qu'en demandant qu'on fit des amendements. Ce furent : Massachusetts (2), la Caroline du Sud (3), New Hampshire (4), Virginie (o), New-York (6).
Ainsi les citoyens de New-lork auxquels Hamillon, Jay et Madison s^étaient tout particulièrement adressés ne furent pas complètement convaincus par la démonstration si pressante faite dans Le Fédéraliste.
Il y eut des Etats où la ratification ne fut enlevée qu'à l'aide de la violence, de la menace, ou par surprise (7). Ainsi, dans le Connecticut, on réduisit au silence, en le couvrant de goudron et de plumes, un délégué antifédéraliste qui essayait de convaincre la Convention de la nécessité de refuser l'approbation demandée (8).
Le cas du New-Hampshire est encore plus typique. Dans cet Etat, la majorité des délégués à la Convention avait pour instructions de voter contre la ratification. Aussi, au début de la réunion, les partisans du projet — ou comme on les appelait les fédéralistes, — furent-ils très fiers d'obtenir un ajournement de trois mois : ce fut pour eux une victoire. Lorsque la Convention se réunit à nouveau, on escamota le vote. Pendant que quelques-uns des adversaires de la Constitution étaient « retenus » à dîner, les fédé-
(1) Poster, op. cit., p. 3.
(2) Ratification du 6 février 1788.
(3) Ratification du 23 mai 1788.
^4) Ratification du 21 juin 1788.
(.")) Ratification du 26 juin 1788.
(6) Ratification du 26 juillet 1788.
(7) Poster, op. cit., p. 4.
(8) Poster, op. cit., p. 4 et note 7.