INTRODUCTION GENERALE
Sans aucun doute, vous aurez reconnu, en même temps, par leur ton général qu'elles ont été dictées par un esprit favorable à la nouvelle Constitution.
Mes concitoyens, oui, après l'avoir attentivement examinée, je crois fermement qu'il est de votre intérêt de l'adopter ; je crois que c'est l'intérêt de votre liberté, de votre dignité et de votre bonheur. Je n'aiîecte point une circonspection que je n'ai pas. Je ne veux pas vous tromper par l'apparence du doute, lorsque mon opinion est fixée. Je vous avoue franchement ma conviction, et je vous exposerai, en toute liberté, les raisons sur lesquelles elle est fondée. La conscience des bonnes intentions dédaigne les détours. Je ne multiplierai cependant pas les protestations à cet égard. Mes intentions doivent rester déposées au fond de mon canir. Mes arguments seront exposés aux yeux de tous; tous pourront les juger. Ils seront tout au moins présentés avec une ardeur qui ne déshonorera pas la cause de la vérité.
Je me propose de discuter, dans le cours de cet ouvrage, les objets suivants : Vutillli' de rUnion pour notre prospérité politique ; — l'insuffisance de la Confédération actuelle pour maintenir cette Union; — la nécessité, pour atteindre ce but, d'un gouvernement au moins aussi énergique que celui qui vous est proposé : — la conformité de la Constitution proposée avec les vrais principes d'un gouvernement républicain ; — son analogie avec la Constitution de votre propre Etat : — enfin la sécurité nouvelle qiie son adoption doit nous apporter pour le maintien de cette nature de gouvernement républicain, pour notre l'iberté et nos propriétés.
Dans le cours de la discussion, je m'efforcerai de répondre d'une manière satisfaisante à toutes les objections qui paraîtront dignes do votre attention.
On regardera peut-être comme superflu de donner
0 INTRODUCTION HliNERALE
les raisons f|ui prouvent riilililé de I'Union. Sans doute, rattachement pour cette forme de gouvernement est si profondément ancré dans le co'ur de la plus grande partie des habitants de chaque Etat, que l'Union semble n'avoir ])oint d'adversaires. La vérité, c'est qu'on a déjà cherché à insinuer, dans les cercles privés des opposants à la nouvelle Constitution, f{ut' les treize Etats sont d'une trop grande étendue pour un système général, et qu'il faut, de toute nécessité, avoir recours à des Confédérations séparées de parties distinctes de ce tout (1). Cette thèse sera propagée, vraisemblal»lement, jusqu'à ce qu'elle ait trouvé un assez grand nombre de partisans }>our encourager un aveu formel. En elTet, pour ceux qui voient la question avec quelque largeur d'esprit, rien n'est plus évident que l'alternative où nous sommes, ou bien d'adopter la nouvelle Constitution ou bien de démembrer l'L'nion. Il sera donc utile d'examiner les avantages de cette Union, les maux certains et les dangers probables auxquels sa dissolution exposerait chacun des Etats. Ce sera par conséquent Uobjet de mon prochain article.
PUBLIUS
(I) La même idée, déduisant des arguments leurs conséquences, est présentée dans plusieurs des récents écrits contre la nouvelle Constitution. — Pcblils.
Pour le Journal Indépendant.
(.lAY)
Au peuple de V Elat de New-York :
Le peuple d'Amérique, appelé à prononcer sur une des questions les plus importantes, par ses conséquences, qui aient jamais excité son attention, ne peut se dissimuler la nécessité de l'examiner avec la plus sérieuse et la plu^ intelligente réflexion.
Rien n'est plus certain que l'indispensable nécessité d'un gouvernement ; il n'est pas moins incontestable que le peuple, de quelque manière qu'il l'établisse, doit sacrifier une partie de son indépendance pour le revêtir des pouvoirs nécessaires. Il convient donc de rechercher s'il est de l'intérêt du peuple américain de former, pour toutes les questions générales, une seule nation sous un seul gouvernement lédératif, ou de se diviser en confédérations partielles et de donner au chef de chacune d'elles, le môme genre de pouvoirs qu'on leur propose de donner à un gouvernement national.
11 a été admis jusqu'ici, sans coutostalion, que la |)POsi)érité du i)euple d'Amérique (l('pend du mainlien ferme de son Union; les vo'ux, les prières, les elTorls des meilleurs et des plus sages de nos concitoyens, ont constamment été dirigés vers ce but. Mais il est aujourd'hui des politiques qui assurent <|ue cette opinion est erronée, cl ({u'au lieu d'attendre de l'Union notre bonheur et notre sécurité, nous devons les chercher dans une division des Etats en confédérations ou souverainetés distinctes. Quelque extraordinaire que soit cette nouvelle doctrine, elle a ses partisans, et l'on compte parmi eux plusieurs de ceux qui y étaient autrefois le plus opposés. Quels que puissent être les niotifs de ce changement, il serait insensé pour le peuple d'adopter ces nouveaux principes, sans s'être bien convaincu ({u'ils sont fondés (mi vraie et sage politique.
J'ai ol)servé souvent avec plaisir que l'Amérique indépendante n'est pas composée de territoires séparés et distants les uns des autres. Cette terre de li])crté est unie, fertile, vaste. La Providence l'a dotée, avec une prédilection particulière, d'une étonnante variété de sols et de productions, arrosée d'innombrables rivières, poi^i* le plaisir et pour le besoin de ses habitants. Une suite ininterrompue d'eaux navigables forme, autour de ses frontières, une sorte de chaîne, comme pour lier ensemble les parties qui la composent: en même temps, les plus grands lleuves de l'univers coulent à de convenables distances, et ouvrent de vastes routes à la communication dos secours fraternels que se prêtent mutuellement ses hal)itanls. au transport et à l'échange de leurs denrées.
.J'ai souvent observé, avec un égal ])laisir, que la Providence s'est plue à donner à ce i)ays, dont toutes les parties sont si bien reliées, des ha imitants unis,
ET DE l'influence ÉTRANGÈRES 9
des habitants issus des mêmes ancêtres, parlant la même langue, professant la même religion, attachés aux mêmes principes de gouvernement, avec des mœurs et des manières semblables, et qui, par la réunion de leur prudence, de leurs armes et de leurs efîdrts, en combattant cote à cote durant le cours d'une longue et sanglante guerre, ont glorieusement conquis leur liberté commune et leur indépendance.
Ce pays et ce peuple paraissent avoir été faits l'un pour l'autre, et la Providence semble avoir voulu empêcher qu'un héritage si visiblement destiné à un peuple de frères, pût jamais être divisé en souverainetés isolées, envieuses, étrangères les unes aux autres. Tels sont les sentiments qui ont déjà prévalu ici parmi les hommes de toutes les classes et de toutes les sectes. Sous tous les rapports généraux, nous n'avons formé qu'un peuple ; jusqu'ici, chaque citoyen a joui partout des mêmes droits et privilèges, de la même protection. C'est comme nation que nous avons fait la paix et la guerre; c'est comme nation que nous avons vaincu nos ennemis communs ; c'est comme nation que nous avons contracté des alliances et fait des traités, enfin déterminé nos rapports d'intérêts avec les Etats étrangers.
Puissamment frappé des avantages inappréciables de l'Union, le peuple se détermina, dès le principe, à établir et à perpétuer le gouvernement fédératif ; il l'établit presqu'aussitôt qu'il eut une existence politique, tandis que nos habitations étaient en feu, lorsque le sang de nos concitoyens coulait et que la guerre, étendant partout ses ravages, laissait peu de loisir pour ces recherches, pour ces réflexions calmes et lentes, sans lesquelles ne peut se former, pour un peu}>le lil^re, un gouvernemoB^bsime etjji£ii
10 DANGERS RÉSULTAM DES l-'ORCES
équilibré. Xe nous étounons pas qu'un gouvernement, fondé dans des temps si malheureux, ne soutienne pas Fépreuve et ne réponde ])as an but do son établissement.
Nos sages concitoyens apercevaient et déploraient ses défauts. ?son moins attachés à l'Union que passionnés pour la liberté, ils voyaient les dangers qui ■menaçaient plus immédiatement la première, et qui se préparaient pour la seconde. Persuadés qu'on ne pouvait assurer l'existence de toutes les deux que par un gouvernement national j)lus sagement organisé, ils convoquèrent, d'une voix unanime, la dernière Convention h IMiihuh'lpIiic p(»ur s'occuper de cet important objet.
La Convention, composée d'hommes honorés de la confiance du peuple, distingués presque tous par leur patriotisme, leur vertu et leur sagesse, dans des temps qui ont mis à l'épreuve l'esprit et le cœur des hommes, a entrepris ce difficile ouvrage. Au milieu des douceurs de la paix, uniquement consacrés à leur tâche, ils ont passé quelques mois à délibérer froidement, sans inlerj'uption, tous les jours. Libres de toute crainte, et sans avoir éprouvé l'influence d'aucune autre passion ([ue l'amour de la Patrie, ils ont enfin présenté et recommandé au peuple le résultat de leurs opinions presque unanimes.
En reconnaissant que ce plan n'est que recommandé et non imposé, souvenons-nous qu'il ne doit recevoir ni une approijation aveugle, ni un aveugle refus. Xous lui devons cette attention tranquille et impartiale qu'exige l'importance du sujet. Mais (je l'ai déjà dit dans l'article précédent), je désire moins que je ne compte la lui voir obtenir. L'expérience nous apprend à ne pas nous abandonner trop vivement à de telles espérances. On se souvient encore des appréhensions bien fondées d'un danger immi-
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îient, qui déterminèrent le peuple d'Amérique à convoquer le mémorable Congrès de 1774. Cette Assemblée recommanda à ses commettants certaines démarches ; révènement prouva leur sagesse. On se souvient aussi delà multitude de brochures et de feuilles hebdomadaires qu'enfanta la presse pour les décrier. Quelques-uns des membres du gouvernement, guidés par l'intérêt personnel, d'autres par une fausse prévoyance, par un attachement trop partial pour l'ancien gouvernement, d'autres enfin par leur tendance à un but contraire au bien public, firent d'infatigables elï'orts pour persuader au peuple de rejeter l'avis de ce Congrès patriotique. A la vérité, quelques concitoyens se laissèrent tromper ; mais la grande majorité pensa et décida conformément à la raison ; ils ont recueilli les heureux fruits de leur ^sagesse.
Ils considérèrent que le Congrès renfermait beaucoup d'hommes sages et expérimentés ; qu'étant venus de différentes parties du pays, ils avaient apporté et s'étaient communiqué une grande variété de renseignements utiles ; que, dans le cours du temps qu'ils avaient passé ensemble à rechercher et •à discuter les intérêts véritables de leur pays, ils devaient avoir encore perfectionné leurs connaissances ; qu'ils étaient individuellement intéressés à la liberté et à la prospérité publique, et que ce serait leur volonté, en même temps que leur devoir, de ne recommander que les mesures dont une même délibération leur aurait démontré la prudence et l'utilité. Telles furent les considérations qui déterminèrent le peuple à se reposer avec confiance sur la sagesse et sur l'intégrité du Congrès, malgré les •différents artifices mis en usage pour l'en dissuader. Mais si le peuple eut raison d'accorder sa confiance aux personnes qui composaient ce Congrès, la Con-
12 DANGERS RÉSULTANT DE l'ÉTRANGER
vention actuelle la mérite par des titres plus puissants encore; on sait qu'elle compte parmi ses membres plusieurs des plus distingués de ceux du Congrès de 1774, qui, justement célèbres par leur patriotisme et leurs talents, vieillis dans l'étude delà politique, y ont apporté, avec de vastes connaissances, une longue expérience des ailaires. C'est une chose digne d'attention, que non seulement le premier Congrès, mais tous ceux qui l'ont suivi, aussi bien que la dernière Convention, se sont accordés avec le peuple pour penser que la prospérité de l'Amérique dépend de son Union. C'est pour la maintenir et la perpétuer qu'on a assemblé cette Convention, et tel est aussi l'objet du plan que la Convention a proposé. A quels titres, par quels motifs ([uelques hommes cherchent-ils donc aujourd'hui à déprécier l'importance de l'Union? Pourquoi nous suggère-t-on que trois ou quatre Confédérations seraient plus avantageuses qu'une seule? Je suis intimement convaincu que le peuple a toujours eu une opinion sage à cet égard, et que son attachement pour la cause de l'Union repose sur des raisons fortes et puissantes, que je m'ofrorcerai de développer dans les articles suivants.
Ceux qui proposent l'idée de substituer des confédérations particulières au plan de la Convention semblent clairement prévoir que l'Union serait exposée au plus grand danger par le rejet de ce plan ; c'est ce qui arriverait sûrement, et mon désir est que tous les bons citoyens soient bien convaincus que, si jamais se produit la dissolution de l'Union, l'Amérique pourra dire avec le poète : « Adieu ! Adieu pour jamais! toute ma grandeur! »
PUP.LIUS.
Pour Ir Journal Indépendant.
LE FÉDÉRALISTE, No III
(Jay)
Au peuple de VEtat dr New- York :
Ce n'est pas une observation nouvelle que les peuples de tous les pays, comme les Américains (lorsqu'ils sont intelligents et éclairés), adoptent rarement, ou conservent pendant peu d'aunées une opinion erronée sur leurs intérêts. Cette confédération doit inspirer du respect pour la haute opinion que les Américains ont si invariablement et si uniformément conservée de l'importance qu'il y avait pour eux de rester fermement unis sous un seul gouvernement fédéral, investi de pouvoirs suffisants pour tous les objets d'intérêt général et national. Plus je recherche, plus je considère attentivement les raisons qui ont donné naissance à cette opinion, plus je suis convaincu qu'elles sont pressantes et décisives.
Parmi les objets qui méritent l'attention d'un peuple sage et libre, le premier semble être le soin de sa sûreté. La sûreté du peuple tient sans doute à
tant de circonstances et de considérations, qu'on nepeut la définir exactement, sans de grands développements.
Pour le monitMit, mon intention est de ne considérer que la sécurité relative au main lien de la paix et de la tranquillité, aussi l)ien contre les armes et Viniluence des nalions étrangères, que contre les dangers de même genre pouvant découler de causes intérieures. Gomme le premier de ces dangers se présente le premier, il convient que je m'en occupe tout d'abord. Commençons donc par examiner si le peuple a tort de croire qu'une Union intime sous un gouvernement national énergique lui donne la plus grande sécurité possible contre les hostititès venant de l'étranger.
Le nombre des guerres qui ont éclaté ou qui éclateront dans le monde varie avec le nombre et l'importance des causes réelles ou prétendues qui les provaquent ou les font naître. Si cette observation est juste, il est utile de rechercher s'il y a autant de justes causes de guerre avec une Amérique unie, qu'avec une Amérique désunie; au cas, en effet, où l'Amérique unie nous donnerait le moins de guerres, il serait démontré que, à cet égard, l'Union est le moyen le plus sur pour maintenir le peuple en état de paix avec les autres nations.
Les justes causes de guerre résultent, le plus souvent, de la violation des traités, ou des attaques directes. L'Amérique a déjà formé des traités avec six nations étrangères, qui toutes, à l'exception de la Prusse, sont des puissances maritimes, en état, par conséquent, de nous nuire et de nous porter préjudice. Elle a aussi un commerce étendu avec le Portugal, l'Espagne, la (Irande-Bretagne; elle a encore,, avec les deux dernières, des rapports de voisinage.
Il est de la plus haute importance pour la paix de-
ET DE l'influence ÉTRANGÈRES 1,j>
l'Amérique, d'observer le droit des nations, vis-à-vis de toutes ces puissances ; il me parait évident qu'elle le fera plus ponctuellement et plus scrupuleusement au moyen d'un seul Gouvernement national, qu'elle ne pourrait le faire au moyen de treize Etats séparés, ou de trois ou quatre Confédérations distinctes.
En premier lieu, quand un Gouvernement national énergique est établi, l'élite du pays non seulement s'elî'orce de l'aider, mais est ordinairement choisie pour en diriger le fouctionnement. Si une ville, un district, une portion resserrée du territoire, peut placer des hommes dans les Assemblées, les Sénats, les Cours de Justice ou les départements exécutifs de l'Etat, il faudra une réputation bien plus générale, bien plus étendue de talent et de vertu, pour porter un homme dans une place du (iouvernement national ; le champ sera plus vaste pour le choix, et il n'arrivera jamais de manquer de personnes convenables pour en remplir les différentes places, ce qui n'est pas sans exemple dans quelquesuns des Etats. Il résultera de là que l'iVdministration, les Conseils politiques et les décisions judiciaires du Gouvernement national seront plus sages, plus systématiques, plus judicieux, que ceux des Etats particuliers; en conséquence, ils seront plus satisfaisantspour les autres nations, et en même temps plus favorables à notre sùretô.
En deuxième lieu, sous le Gouvernement national, les traités, les articles des traités aussi bien que le droit des gens seront toujours interprétés dans lemême sens et exécutés de la même manière. Au contraire, dans treize Etats ou dans trois ou quatre Confédérations, les jugements sur les mêmes points, sur les mêmes questions ne seront pas toujours d'accord ; et cela, tant à cause de la diversité des Tribunaux et des juges indépendants, établis par des-
gouvernements séparés et indépendants, qu'à raison de la différence des lois locales et des intérêts qui peuvent les influer. On ne saurait trop approuver, à cet égard, la sagesse de la Convention qui soumet les questions de ce genre à la juridiction et au jugement de Tribunaux établis par un Gouvernement national unique et responsables envers lui seul.
En troisième lieu, la considération d'un avantage ou d'un désavantage immédial peut souvent entraîner le gouvernement particulier d'un ou de deux Etats, à s'écarter de la bonne foi ou de la justice. Ces tentations n'atteignent pas les autres Etats, et par suite, n'ayant point, ou du moins ayant peu d'influence sur le (iouvernement national, elles resteront sans efîet ; la bonne foi et la justice seront respectées. L'exemple du traité de paix avec l'Angleterre ajoute beaucoup de poids à ce raisonnement.
En quatrième lieu, même si le parti dominant dans un Etat particulier est disposé à résister à des tentations de ce genre, comme celles ci tiennent ordinairement à des circonstances particulières à l'Etat qui les éprouve, et qu'elles peuvent être partagées par un grand nombre de ses habitants, le parti qui gouverne peut n'être pas toujours à même d'empêcher l'injustice méditée ou de punir les agresseurs. Le (Gouvernement national, au contraire, n'étant jamais soumis à l'influence de ces circonstances locales, ne sera jamais porté à commettre luimême des injustices, et ne manquera ni du pouvoir ni de la volonté d'empêcher ou de punir celles des autres.
Ainsi, loin de craindre que des violations préméditées ou accidentelles des Traités et du Droit des Gens puissent faire naître deyw^/e^ causes de guerre, nous devons les appréhender inrinimenl moins avec