‹ Le fédéraliste (commentaire de la constitution des États-Unis) recueil d'articles écrits en faveur de la nouvelle constitution telle qu'elle à été adoptéeChapitre 34 sur 103 · CONSÉQUEKCKS DE LA LUTTE ENTRE LES ÉTATS · texte numérisé non relu

CONSÉQUEKCKS DE LA LUTTE ENTRE LES ÉTATS

raient ù leur suite le pillage et la dévastation. Les calamités des particuliers seraient les principaux traits qui caractériseraient nos exploits militaires.

Cette peinture n'est pas exagérée, mais, je l'avoue-, elle ne serait pas longtemps conforme à la vérité. La crainte de dangers extérieurs est le mobile le plus puissant de la conduite des nations. Même le plus ardent amour de la liberté céderait bientôt à ses conseils. La perte de la vie et de la propriété parles violences qui accompagnent la guerre, les efforts incessants et les craintes résultant d'un état de danger continuel, forcent les nations les plus attachées à la liberté à demander le repos et la sécurité des institutions qui tendent à détruire leurs droits civils et politiques. Pour être plus tranquilles, elles finissent par risquer d'être moins libres.

Les institutions que nous avons plus particulièrement en vue sont les armcen permanentes et les accessoires inséparables d'un établissement militaire. La nouvelle Constitution, nous dit-on, n'a rien dit contre 'les armées permanentes, et l'on en conclue que celles-ci peuvent exister sous son empire (1). Leur existence, toutefois, d'après les termes mêmes de la proposition, est, pour le moins, problématique et incertaine. Mais l'établissement des armées, répondrons-nous, sera la suite inévitable de la dissolution de la Confédération.

La fréquence des guerres, la continuité des ap- I)réhensions, toutes choses qui exigent une préparation continuelle, les ferait infailliblement ad-

(i) Cette objoclion sera complètement examinée en son temps ; ou montrera que la seule précaution naturelle qui pouvait être prise à cet égard a été prise, et elle est de beaucoup préférable à toutes celles que .l'on peut trouver dans les Constitutions élaborées jusqu'ici en Amérique et dont la plupart ne contiennent aucune précaution à cet égard. — Publics.

mettre. Les Etats, les Con fédérations les plus faibles auraient d'abord recours à, ce moyen pour rétablir l'égalité avec leurs voisins plus puissants. Ils s'efTorceraient de suppléer à l'infériorité de leur population et de leurs ressources par un système de défense plus régulier et plus efficace, par des troupes disciplinées et par des fortifications. Ils seraient, en même temps, obligés d'armer d'une plus grande force le bras du Pouvoir exécutif ; par là, ils acbemineraient progressivement leurs Constitutions vers la Monarchie. C'est l'effet de la guerre d'augmenter l'autorité executive aux dépens de la puissance législative.

Les moyens do.iit nous venons de parler assureraient bientôt aux Etats ou aux Confédérations qui les emploieraient la supériorité sur leurs voisins. Des Etats bornés ou des Etats d'uue puissance naturelle médiocre, ont- souvent, grâce à un gouvernement vigoureux et grâce à une armée bien disciplinée, triomphé d'Etats vastes ou d'Etats d'une force naturelle plus considérable qui se trouvaient dépourvus de ces avantages. L'orgueil des Etats ou des Confédérations plus importants, le soin de leur conservation, ne leur permettraient pas longtemps de se soumettre à cette supériorité humiliante et accidentelle. Ils auraient bientôt recours aux mômes moyens pour recouvrer leur prééminence antérieure. Ainsi, au bout do peu de temps, nous verrions s'établir dans toutes les parties de notre pays ces instruments du despotisme qui ont été les fléaux du vieux Monde. Tel serait le cours naturel des choses, et plus nos raisonnements se rapprocheront de ce modiMe, plus ils auront de chances d'être justes.

On ne doit point regarder ces réflexions comme de vagues déductions, tirées de dangers supposés ou théoriques sous une Constitution où le pouvoir

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