CONTRE LES FACTIONS ET LES INSURRECTIONS G
lés différentes et inégales pour racffuisition de la propriété, résulte immédiatement l'inégalité dans l'étendue et la nature des propriétés; et de leur influence sur les sentiments et les opinions des propriétaires respectifs, résulte la division de la société en intérêts différents et en partis différents.
Ainsi, c'est dans la nature humaine qu'il faut chercher les germes cachés des factions ; nous les voyons se développer à différents degrés d'activité, suivant les circonstances différentes de la société civile. Le zèle pour des opinions différentes sur la religion, le gouvernement ou d'autres points de théorie ou de pratique ; l'attachement à des chefs dont l'ambition se dispute la prééminence ou le pouvoir, ou à d'autres personnes dont la fortune intéresse les passions humaines, voilà ce qui, constamment, a divisé les hommes en partis, ce qui a excité en eux des animosités mutuelles, et ce qui les a disposés à se tourmenter et à s'opprimer les uns les autres, plutôt que de travailler de concert à leur prospérité commune.
Si puissant est le penchant qui entraine les hommes dans des animosités mutuelles, que, lorsqu'il ne se présente pas d'occasions importantes, les distinctions les plus frivoles et les plus fantastiques ont suffi à réveiller leurs passions ennemies et à exciter entre eux les plus violents conflits. Mais la source de factions la plus commune et la plus durable, a toujours été l'inégale distribution de la richesse, deux qui possèdent et ceux qui ne possèdent pas ont toujours eu des intérêts différents. Les créanciers et les débiteurs ont entre eux une semblable ligne de démarcation.
L'intérêt de l'agriculture, l'intérêt des manufactures, l'intérêt du commerce, l'intérêt des capitalistes, et d'autres intérêts moins importants, se for-
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ment nécessairement dans les nations civilisées el les divisent en différentes classes quiag'issent d'après des vues et des sentiments différents. Le règlement de cotte multitude d'intérêts opposés, voilà le principal but de la législation moderne ; l'esprit de parti et de faction entre toujours aujourd'hui dans le calcul des opérations ordinaires et nécessaires du gouvernement.
Nul ne peut être juge en sa propre cause, parce que son intérêt égarerait à coup sûr son jugement et corromprait, peut-être, son intégrité. Pour une raison identique et même plus puissante, une réunion d'hommes ne peut ici à la fois être juges et parties. Et pourtant, que sont les actes les plus importants de la législation, sinon des jugernents véritables prononcés, non pas sur les droits d'un individu, mais sur les droits de grandes classes de citoyens? Et que sont les législateurs de toutes les classes, sinon les avocats et les parties dans les causes qu'ils jugent?
S'agit-il d'un projet de loi relatif aux dettes privées ? C'est une question dans laquelle les créanciers d'un côté et les débiteurs de l'autre, sont parties intéressées. La justice doit tenir la balance égale entre eux. Pourtant, les parties sont et doivent être ellesmêmes les juges; et l'on doit s'attendre à ce que l'avantage reste au parti le plus nombreux ou, en d'autres termes, à la faction la plus puissante. Les manufactures nationales doivent-elles être encouragées, et dans quelle mesure, par des restrictions apportées aux manufactures étrangères? \oï\k des questions qui seraient tranchées différemment par les classes foncières et par les classes manufacturières, et vraisemblablement ni les unes ni les autres n'auraient uniquement égard à la justice et au bien public. La répartition des- impots sur les différents