NEUTRALITÉ RELIGIEUSE
Jules Simon, qui professait que« celui qui est neutre est nul », a écrit ces lignes convaincues : « Le maître ne peut être neutre, je l'en défie... On enseigne par le geste ; on enseigne par la physionomie ; on enseigne par toutes les doctrines qu'on émet ; on enseigne par la conversation avec les élèves ; ou enseigne par les exemples d'écriture, par les livres que l'on met dans la main des élèves. Est-ce que vous supprimerez la littérature dans vos écoles ? Eh ! bien, la littérature, dans notre pays, a été faite depuis trois cents ans par des hommes qui avaient une croyance, qui combattaient une autre croyance. »
Je sais ce qu'ont allégué des maîtres qui se disent chrétiens pour excuser la neutralité de leur cours. Ils espèrent, disent-ils, attirer un plus grand nombre d'enfants, et les préserver au moins de toute erreur, en leur faisant du bien par la pure morale.
Encore un leurre ! Le Christ, Vérité éternelle, l'a dit : « Celui qui n'est pas pour moi est contre moi. » Il n'existe pas, je le répète, de livres indifférents, et ceux qu'on a adoptés dans les établissements neutres, s'ils ne sont pas franche-
ment hostiles, sont suspects, remplis, si l'on y regarde de près, d'erreurs religieuses. Quant à la morale^ elle est stérile sans un point d'appui et sans une sanction.
« Prenez un livre quelconque, » dit encore Jules Simon, <.< mettez-le dans les mains des enfants^ c'en est fait de votre neutralité. »
Et il ajoute, à l'adresse de ces maîtres ondoyants : « La neutralité, en matière d'opinions, est tout ce qu'il y a de plus déshonorant. Je vous demande ce quMl est, ce maître. A-t-il une opinion, ou n'en a-t-il pas ? S'il en a une, il la cache ! Voilà le modèle que vous donnez à vos enfants ! S'il n'en a pas !... Je vous demande ce que c'est qu'un homme qui veut enseigner, faire des hommes, et qui n'a pas une croyance... Il n'y a pas d'école véritablement neutre, et s'il y en avait, il faudrait en rougir. »
Mais, diront peut-être quelques mères, qu'importe que l'instruction religieuse soit supprimée? Nous sommes là pour la donner.
Vraiment ? La donnez-vous ? Absorbées par des devoirs divers, vo3^ant vos filles surmenées par les programmes actuels, avez-vous le cou-