‹ Le féminisme de tous les tempsChapitre 32 sur 78 · CONVERSATIONS · texte numérisé non relu

CONVERSATIONS

tout au moins vous opposent-ils leur esprit d'insouciance et de légèreté.

Mais ce dont ils ne se défendent pas, ce qu'ils reçoivent sans défiance, ce sont les enseignements indirects qui ressortent des entretiens de la famille.

Faites appel à vos souvenirs ; rendez-vous compte de l'impression profonde que vous ont laissée telles conversations entendues dans votre enfance. Aussi, il est indispensable de veiller non seulement à ce que le ton de ces conversations tenues en famille ne soit pas futile, frivole, vulgaire, mais encore à ce qu'elles contiennent des éléments propres à impressionner l'esprit et le cœur d'une manière salutaire.

Je ne parle pas ici de la légèreté avec laquelle certains parents traitent devant leurs enfants des sujets mal séants pour leur âge, sous le prétexte trompeur qu'ils ne comprennent pas. La plus vulgaire expérience enseigne que ce qui n'est pas compris aujourd'hui restera dans l'esprit, et, comme un germe malsain qui se -développe à son heure, produira une plante empoisonnée. Je fais aux mères qui me lisent l'honneur de les croire jalouses de la candeur de leurs filles, prêtes à les défendre du souffle, du soupçon, de l'ombre même du mal. Mais ce n'est pas

Ibô LE FEMINISME DE TOUS LES TEMPS

assez : il faut toujours penser à elles quand on parle en leur présence.

Ainsi, aimez à raconter devant elles des faits de nature à inspirer l'admiration et le goût du bien : un acte de courage ou une bonne action^ une preuve de dignité, etc. De même, sans attaquer les personnes, ne craignez pas de blâmer énergiquement tel fait défectueux dont elles auraient eu connaissance.

N'ayez pas peur de penser devant elles, — à la condition de penser juste, ni d'émettre des jugements, — à la condition qu'ils soient droits. Pourvu qu'elles n'y voient pas une leçon à leur adresse, les enfants ne redoutent pas une conversation sérieuse ; et vous sèmerez ainsi en elles, sans en avoir l'air, des principes, des idées justes, dont elles recueilleront plus tard l'utile moisson.

Ai-je besoin d'ajouter qu'un tel moyen d'éducation suppose, chez les mères, une réelle abnégation, mais procure aussi leur propre perfectionnement ?

En effet, un pareil but exige une grande vigilance, une continuelle attention. Il faut s'interdire les bavardages inutiles, les détails de toilette insignifiants, les commérages, les médisances, l'esprit de critique, tout ce qui, vous

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