LECTURES
OÙ VOUS en donnez vous-même. Intéressez-vous donc aux choses sérieuses, et ils s'y intéresseront.
Empêchez les jeunes filles de dévorer les livres, quand ce ne serait que pour leur apprendre à se modérer; puis, une lecture faite ainsi n'apporte aucun profit et ne sert qu'à satisfaire une curiosité qui devient facilement dangereuse. Trop lire est une maladie du siècle. Pour le faire avec fruit, il faut avoir un crayon à la main, noter les belles pensées, les pieuses et les originales. Joindre, si on le peut, les réflexions qu'elles suggèrent, faire une petite analyse qui précise, raisonne, et serve à former le jugement et le goût.
Si l'on habituait les jeunes filles à lire ainsi, pour peu qu'elles fussent intelligentes, elles y prendraient bien vite goût, et ce serait le meilleur remède contre les mauvaises lectures.
C'oDversalioos
L'influence des maîtres et celle des livres sont considérables dans toute éducation. Toute mère soucieuse d'un but à poursuivre, d'un niveau à atteindre, se préoccupera également de ceux à qui elle confie ses enfants, et des lectures qui, en outre du savoir, inculquent un certain esprit, une manière de voir destinée à ne pas changer. Mais quelle action profonde, irrésistible ne peut-elle pas exercer par la conversation !
Les enseignements directs ne vont pas toujours au but; ils ont l'inconvénient de revêtir fatalement sinon la forme d'une gronderie, du moins celle d'une leçon. Aussi les enfants s'en défient-ils instinctivement, et en sont-ils le plus souvent peines, froissés, et presque toujours ennuyés ; même à leur insu, ils sont en garde contre vous quand vous leur faites de la morale ;