CARACTÈRE LEGER
Natures s3aTipathiques, la plupart du temps, par leur mobilité même, et auxquelles on pardonne beaucoup, jusqu'au jour où elles vous font beaucoup souffrir sans s'en douter ni s'en apercevoir. Ce jour-là, on pardonne encore, peutêtre, on se dit que le mal est sans remède. Oui, presque toujours natures ouvertes, où Ton entre aisément, d'où l'on sort plus aisément encore. Tout glisse, tout s'évapore sans laisser de traces : faciles promesses, facile oubli, larmes de repentir, résolutions sincères, tout se succède et passe de même ; très souvent, pas de défauts saillants à combattre et à réprimer; pas de mauvaises tendances positives ; aussi Ton ne songe pas à s'inquiéter, mettant cette légèreté sur le compte de l'âge, oubliant de se dire que les défauts de l'homme, comme ses qualités, sont en germe dans l'enfant, et qu'il faut savoir les démêler dans celui-ci pour ne pas en pleurer plus tard. L'enfant léger deviendra un jour un homme léger, si l'éducation ne corrige ou ne modifie sa nature avant qu'elle ait pris le pli définitif. Mais, faute de démêler en lui ce qui est la conséquence de l'âge ou celle du caractère, on ne s'attache pas à combattre ce qui peut devenir un véritable malheur, car chez une nature légère tout est en péril, l'honneur,
la dignité de la vie, et tant d'autres choses encore, moins graves, mais assez sérieuses pour qu'on s'applique à combattre la légèreté.
Mais le remède? Venez au remède, me direzvous. Et très humblement, je vous répondrai qu'il me serait plus facile de continuer à vous parler de la maladie. Je n'en vois pas de radical; mais il faut lutter par tous les moyens possibles, et le premier à signaler, c'est encore la règle, la règle qui retient, attache malgré elle la nature mobile, l'oblige à revenir à heures fixes, aux mêmes occupations, et amène enfin l'habitude ; l'ordre s'établit ainsidans lavie, l'idée d'un devoir s'impose. Pour ces natures dont je parle, je demande la règle inflexible, qui coupe court à l'entraînement du jeu, ou interrompt toute autre occupation à laquelle l'enfant se porte avec fougue. L'heure sonne, pas de sursis.
Pour lutter contre l'inconstance, ne jamais permettre qu'une chose commencée reste inachevée, ni ouvrage^ ni lecture ; forcer à aller jusqu'au bout. Ama fille, je donnerais une tâche à remplir, promettant une récompense si elle est achevée dans le temps voulu ; elle arriverait ainsi, peu à peu, à faire des travaux de longue haleine. Chaque fois qu'il serait possible, je l'empêcherais d'agir sur le premiermouvement, l'obi'-