SAVOIR SE SERVIR
Enfin, je placerai ici une recommandation qui tient à la fois de l'éducation physique et de l'éducation morale : que vos filles soient habituées à se servir dans une certaine mesure. Leur santé et leur initiative s'en trouveront également bien, et elles n'iront pas grossir plus tard le nombre trop considérable de ces femmes qu'un souffle affecte, qui ne gardent leur équilibre qu'avec des soins infinis, et qui, d'autre part, sont si peu accoutumées à agir par ellesmêmes, qu'elles deviennent encombrantes et ennu3'euses partout où elles se trouvent.
Se servir soi-même est indispensable dans une situation modeste. Mais je voudrais qu'on donnât même aux jeunes filles riches ces habi-
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tudes d'indépendance que j'appellerai matérielle. Ce serait un bienfait pour elles et pour les autres.
Pour entrer dans des détails, les jeunes filles doivent s'habiller seules, pouvoir prendre soin de leur chevelure et se coiffer, et se rendre à elles-mêmes mille petits services sans déranger sans cesse les domestiques.
Elle doivent apprendre à brosser leurs robes et leurs chapeaux, à les ranger, à plier leurs vêtements ; il faut qu'elles sachent tenir leur chambre en ordre, et même leur toilette.
Faute de prendre ces soins, une jeune fille est l'esclave de sa femme de chambre... ou le tyran de sa mère ; elle ne pourra, quand elle sera mère à son tour, soigner ses enfants, ni entreprendre un voyage sans domestiques, ni suppléer à une lacune dans les rouages d'un ménage.
J'ai connu une Jeune fille qui passait deux jours sans démêler ses cheveux parce que sa mère était absente et sa femme de chambre malade. Je ne la recommande pas à l'imitation de vos filles.