‹ Le Fer rougeChapitre 7 sur 24 · LACHE · texte numérisé non relu

LACHE

Et le cingle au visage, et le marque à l'épaule,

Les Châtiments se sont trompés. Non, ce n'est pas

La nuit où, retiré brusquement du trépas,

L'empereur contempla l'ignoble mascarade

Dans laquelle il faisait lui-même la parade,

Que l'expiation commença. Ce n'était

Pas suffisant encor, pas complet. Il restait

Une coupe à vider, plus lourde et plus amère,

Pour expier le crime immense de Brumaire.

Il fallait que ton nom, ô vainqueur d'Iéna !

Ton nom sanglant mais fier, ton nom qui rayonna

Avec l'éclat d'un astre effrayant sur le monde,

Roulât jusqu'au dernier échelon de l'immonde ;

Il fallait que ce nom aux échos triomphants,

Fît rire de pitié les tout petits enfants.

C'est fait! Napoléon, cela veut dire lâche !

Ces combats, ces travaux accomplis sans relâche,

Cette gloire aboutit aux hontes de Sedan !

Lâche ! ce mot t etreint, implacable carcan ;

Le gueux qui sur ton nom indigné caracole,

Est un lâche, entends-tu, fauve soldat d'Arcole !

Il se rend, il se vend, il vend la France, il vend

Ta défroque d'honneur et la disperse au vent.

C'est un lâche. Il pouvait mourir, mais c'est un lâche !

Pourvu qu'il vive et soit riche, rien ne le fâche.

Et pendant qu'arrachant la croix de ton plastron,

Tu pleures d'avoir pu connaître ce poltron,

Lui, gai, frottant ses yeux fatigués de ribotes,

Sourit à son vainqueur, et lui cire ses bottes !

ii septembre.

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