‹ Le festin de pierre: comédie en cinq actes, de MolièreChapitre 5 sur 69 · ACTE I, SCENE U. i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE U. i

Le rare et doux plaisir qni le troave en aimant , /j S'il faut t'eiuevelir dans un attachement , ,,/Z

Renoncer pour lui seul k toute antre tendresse , ^^ £t vouloir sottement mourir dès sa jeunesse ! ~^ jV Va , crois-moi , la constance était bonne jadis , y^ Où les leçons d'aimer venaient des Amadis ' ^ yC Mais k présent on suit des lois plus naturelles ; On aime sans façon tout ce qu'on voit de belles ; £t j'amoar qu'en no$ cœurs la première a produit N'âte rien aux appas de celle qui la suit.

Pour moi , qni ne saurais faire l'inexorable , Je me donne partout oii je trouve l'aimable ; |

Et tout ce qu une belle a sur moi de pouvoir '

Ne me rend point ailleurs incapable de voir. y

Sans me vouloir piquer du nom d'amant fidèle , "^^ J'ai des yeux pour une antre aussi bien que pour elle ; £t dès qn'uYi beau visage a demandé mon cœur , Je ne poû me résoudre k l'armer de rigueur.

Ravive voir qu'il cède k la douce contrainte Qni d^abord laisse en lui toute autre flamme éteinte , Je l'abandonne aux traits dont il aime les fPOfi , Et si j'en avais cent , je les donnerais tous.

8GAIfABBl.LB.

Vg u êtes Kbéra l.

DOlf JUAif .

Que de doucenrs^ha rm|^q|es Font goAter anx amans les passions naissantes f Si ponr chaque beauté je m'enflamme aisément , , Le vrai plaisir d'aimer est dans le changement : Il consiste k pouvoir , par d'empressés hommages , Forcer d'un jeune cœur les scrupuleux ombrages 4 A désarmer sa crainte ; k voir , de jour en jour , Par cet petits progrès avancer notre amour ; A vaincre doucement la pudeur innocente Qu'oppose k nos désirs une âme chancelante , Et la néduire enfin , à force de parler , A se laisaer conduire ou lions voulons aller . .

i6 LE FESTIN DE PIERRE ,

lofait , qnand on a vaincu y la passion expire : Ne souhaitant plus lîen , on n'a pins rien à dire ; A Tamour satisfait tout son charme est été ; Et nous nous endormons dans sa tranquillité , Si quelque ob]'etnouvean , par sa conquête à faire , Ne réveille en nos cœurs l'ambition de plaire. Enfin, j'aime en amour les exploits dinérgns ; Et j'ai sur ce sujet l'ardettrdes conqiiérans , Qui , sans cesse courant de victoire en victoire , Ne peuvent se résoudre à voir borner leur gloire. De mes vastes désirs le vol précipité Par cent objets vaincus ne peut être arrêté : Je sens mon coeur plus loin capable de s'étendre ; Et je souhaiterais , comme fit Alexandre , Qu'il fût un autre monde encore hi découvrir , Oh je pusse en amonr chercher à conquérir.

8GANÀRELLB.

Comme vous débitez ! Ma foi , je vous adoiire ! ^j Votre lan^e... •

OOIC JUAN.

Qu'as -tu U-dessus k me dire?

SGAHAftBLLI.

A vous dire , moi ! J'ai... Mais , que dirais-je ? Rieaj Car , quoi que vous disiex y vous le tournez si l)ièn Que , s^àjj^^ra^oa , il semble , à vous entendre , Qu'on sm^qnand^oiu pariez ,'obligé de se rendre. J'avais y pour disputer, des raisons dans l'esprit... Je veux une autre fois les mettre par écrit ; Avec vous , sans cela , je n'aurais qu'A me tAire ; Vous «ne brouilleriez tout.

DON «TAN

Tu ne saonûs mieux (aire.

6GANABBLLI.

Mais , monsieur , par hasard , me serait-il permis De vous dire qu'à moi , c omme k t ou* yo« aiy^|s . Votre genre de vie un tanVtob peuTSnTTWtlîê^

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