‹ Le festin de pierre: comédie en cinq actes, de MolièreChapitre 58 sur 69 · DON LOUIS, DON JUAN, SGANARELLE · texte numérisé non relu

DON LOUIS, DON JUAN, SGANARELLE

DON LODIS.

Ns m'awuaex-Yous point? et serait-U pottible Que votre cœur , ce cœur n loBg-'temps inflexible , Si long-temps en avengle an crime abandonné, £àt rompu les lien* dont il fat enchaîné ?

Qu'un pareil changement me va causer de joie! Mais, encore une fois, faut-il que je le croie? Et se peut-il qu'enfin le ciel m'ait accordé Ce qu'avec Unt d'ardeur j'ai toujours demandé?

son iUAN.

Oui, monsieur: ce retour, dont j'étau si peu digne, Nous est de ses bontés un témoignage insigne. Je né suis plus Ce fils, dont les lâches désirs N'eurent pour seul objet que d'infâmes plaisirs ; Le ciel , dont la clémence est pour ipoi sans seconde , M'a fait voir tout à coup les vains abus dn monde ; Tout à coup de sa voix l'attrait victonens A pénétré mon âme et dessillé mes yeux ; £t je vois , par l'efi^et dont sa ^râce est suivie. Avec autant d'horreur les taches de ma vie , Que j'eus d'emportement pour tout ce que mes sen* Trouvaient ii me flatter d'appas éblouissans. Quand j'ose rappeler l'excès abominable Des désordres honteux dont je me sens coupable ^ Je frémis, et m'étonne, en m'y voyant courir, 'CoainM le ciel a pu si loog-tvmps me souflUrf

loo LE FESTEV DE- PIERRE,

Coamie cent «t cent fois il sa pa« sor uut této Lancé l'affreux carreau qu'aux méchans il appr^'lC/ L'amour qui tint ]poar moi ton coan'Qux suspeudu. M'a] preiid à ses bOnlé*qael^aérifH* est àû.

Il l'attend , et ne veut que ce cœur iuGdèle, Ce cœur jusqu'à ce jour à ses ordres rebelle. Enfin , et vcs soupirs l'ont sans doute obtenu , De mes égaremens me voilà revenu.

Plus de remise. Il faut qtt'aax yeui de to»t le mO&de, A mes folles erreurs mon repentir réponde ; Que j'efface , en changeant me« criminels désirs , L'empressement fatal que j'eus pour les plaisirs , Et tâche à réparer, par uiw ardeur égale , Ce que mes passions ont causé de acandak.

C'est à quoi tous, mes yaeun, aujouid hui sont portéi;- Et je devrai beaucoup , monsieur , à vos bontés , Si , dans le changement 'oii ce retour m'engage , Vous me daignex choisir quelque saint personna^;* - Qui , me servant de ^uiJe , ait soin de wc monircr A bien suivre la route oii je m'eil vais entrer.

DOIf LOL'IC.

Ah ! qu'aisémect un fils trouve le caur d'un père , Prêt, au moindre remords, à calmer iA colère! Quels que sôjent les chagrins que par vous j'ai reçus , Vous vous enrepenlex , je ne m'en souviens plu*. Tout vous porte a gagner cette grande victoire: L'intérêt du salut, celui de votre gloire.

Combattez , et surtout ne vous rekchei pas.

Mais, daps cette campagne, oi» s'adressent vospa»? J'ai sorti de la ville expVèspour une aQkire Oii dès hier ma présence ëuii fort nécessaire , Et j'ai voulu marcher un rapment au retour; Mon carrosse m'ttUnd à ce premier détour:

Venez.

DOMiDAH.

Non ; aujourd'hui »oufire«-moi l'avanUge D'un peu de solitude au prociain ermiuge.

C'est là que , retiré , loin du monde et du bruit,

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