DON JUAN, LÉONOR, PASCALE, SGANARELLE
DOK JCAlf.
( apercevant Lèonor. ) N'avaii-îe p*« r«uon ? Regarde , Sganarelle.
(hlèonor.) Vient-on aarender-voai? Que de]oie! ah ! ma belle. Vous voilà ! je tremblais que , par quelque embarras, Vous ae pussiez sortir.
LlÊOIfOB.
Oh ! point. Mais , n'est-ce pas Monsieur le médecin qne ]e vois U?
DOR JUAlf.
Lui-même.
Il a pris cet habit; mais c'est par stratagème, Pour certain langoureux , chex qui je l'ai mené, Contre les médecins de tout temps déchainé :
Il n'en veut voir aucun ; et monsieur, sans rien dire ; A reconnu son mal , dont il ne fait que rire : Certaine herbe déjà l'a fort diminué.
LÉOIfOA.
Ma tante • pris sa poudre.
SGAIfÀBBLLB. ■
(grmvementt à Lionor.) A-trelleétemué?
LÉOnOR.
Je ne mi* ; car soudain , sans vouloir voir personne , Elle s'est mise au lit.
8GANABB1.LB.
La chaleur est fort bonne Pour CM sortes de idaux.
LEONOR
Ob ! je crois Lien eol*.
DON JUAIf.
Et qoi donc avec vous nous aoienei-vons là?
LÉONOB.
C'est ma nourrice. Ali! si vous saviez, elle m'aime..,
DON JUAN
Vous avex fort bien fait , et ma foie est extrême Que, quand je vous épouse , elle soit caution....
PASCALE
Vous faites là , monsieur, trae bonne action. Pour entrer au couvent , la pauvre créature Tous les jours de souifiets avait pleine mesure j Celait pitié....
DON JUAN
Dientôt , Dieu merci , la voilà Exempte , en m'épousant , de tous ces rhagrins-là.
LEONOR
Monsieur....
DON JUAN
C'est à mes yeux la plus aimable fille...
PASCALE
Jamais vous nVn pourriez prendre nne plus gentille ,
Qui vous put mieux... Enfin, traitez-la doucement,
Vnus en aurez , monsieur, bien du contentement.
DON JUAN
Je le crois. Mais allons , sans tarder davantage , Dresser tout ce qu'il faut pour notre mariage : Je veux le faire ea forme , et qu'il n'y manque rien.
PASCALE
Eh ! vous n'y perdrez pas , ma fille • de bon bien. Quand sqn père mourut , il avait des pist^les , Plus gros...
DON .TUAN
Ne perdons point le tçptps à des paroles.
AetE V, SCENE ni. irt,
Allons, venez, ma belle» Ah! que j'ai de boaheur 1 Vou» allés èitt à moi !
Ce m'est beaucoup d'boaneur.
SGAIfARJfLLE,
( ba^ h P fiscale. ) •II cberchi^ à la duper ; gardez qu'il ne l'emûiène. C'eit un fourbe.
PASCALE
Comment?
SGANARELLB.
(bas.) A plus d'une douzaine....
( haut y se vfryant obsen'è par don Juan. ) Ah ! l'honnéie homme ! Allet, votre iîlle aujourd'hui Aurait eu beau chercher pour trouver mieux que lui. 11 a de Tamitié t.. Croyez-moi, qu'une femme Sera la bien... Et puis, il la fera grand'damc. OOIV JUAN.
( à Licnor. ) Ne nous an-étons point , ma belle ; j'aurais peur Que quelqu'un u« survint.
KGAIYABXLLK.
( bas à Pascale. ) C'e$t le plua grajxd trompeur...
PASCALE
( à don Juan. ) Où donc nous menez-vou«?
DON JUAN. '
Tout droit chef un notaire/ PASCALE.
Non , monsieur. Dans le bourg, il serait nécessaire D'aller chez sa cousine , afin qu'vtant témoin lie vttre foi donnée... •
Il n'en est pas besoih ; Mon«i«Hr le médecin, et -vous, devez su fJre.
MOlCOk.
(kPosemle.) Somme»-iioas pa> d'accord?
DC5 JDAK.
Il ne fant plus qu'écrire.
Quand Us auront signé tous deux avecque nous ^^ Que je vous prendspour femme, et vous, moi pour épo C'est comme si....
PÂSGALV.
Non f non ; sa cousine y doit être.
bQÀKARELLR,
(^bas,h Pascale. ) Fort bien.
LiOKOK.
Quelque amitié qu'elle m'ait fait parattie.
Si cbex elle il n'est pas nécessaire d'aller , Ne disons rien t peut-être elle voudrait parler.
OON JDAIC.
Oui , quand on veut tenir uno affaire secrète , Moins on A de témoins , plus la chose est bien faite.
PASCALS.
Mon dieu ! tout comme ailleurs, che» elle, sans édat. Les notaires du bourg desseront le contrat.
SGAITARBLLB.
Pourquoi vous défier ? Monsieur a-t-il la mine
* (bas h Fascate.)
D'être un fourbe? Voyez.... Ferme, cbex la cousine.
DOIT JPAir.
( h Lèonor. ) Au hasard de l'entendre enfin nous quereller « Avan^-ons.
PA8GALB.
( arrêtant Lèonor. ) Ce n'est point par \k qu'il faut aller.
Tous n'êtes pas encore o'u vous pensez , beau sire.