‹ Le festin de pierre: comédie en cinq actes, de MolièreChapitre 63 sur 69 · DON JUAN, LÉONOR, PASCALE, SGANARELLE · texte numérisé non relu

DON JUAN, LÉONOR, PASCALE, SGANARELLE

DOK JCAlf.

( apercevant Lèonor. ) N'avaii-îe p*« r«uon ? Regarde , Sganarelle.

(hlèonor.) Vient-on aarender-voai? Que de]oie! ah ! ma belle. Vous voilà ! je tremblais que , par quelque embarras, Vous ae pussiez sortir.

LlÊOIfOB.

Oh ! point. Mais , n'est-ce pas Monsieur le médecin qne ]e vois U?

DOR JUAlf.

Lui-même.

Il a pris cet habit; mais c'est par stratagème, Pour certain langoureux , chex qui je l'ai mené, Contre les médecins de tout temps déchainé :

Il n'en veut voir aucun ; et monsieur, sans rien dire ; A reconnu son mal , dont il ne fait que rire : Certaine herbe déjà l'a fort diminué.

LÉOIfOA.

Ma tante • pris sa poudre.

SGAIfÀBBLLB. ■

(grmvementt à Lionor.) A-trelleétemué?

LÉOnOR.

Je ne mi* ; car soudain , sans vouloir voir personne , Elle s'est mise au lit.

8GANABB1.LB.

La chaleur est fort bonne Pour CM sortes de idaux.

LEONOR

Ob ! je crois Lien eol*.

DON JUAIf.

Et qoi donc avec vous nous aoienei-vons là?

LÉONOB.

C'est ma nourrice. Ali! si vous saviez, elle m'aime..,

DON JUAN

Vous avex fort bien fait , et ma foie est extrême Que, quand je vous épouse , elle soit caution....

PASCALE

Vous faites là , monsieur, trae bonne action. Pour entrer au couvent , la pauvre créature Tous les jours de souifiets avait pleine mesure j Celait pitié....

DON JUAN

Dientôt , Dieu merci , la voilà Exempte , en m'épousant , de tous ces rhagrins-là.

LEONOR

Monsieur....

DON JUAN

C'est à mes yeux la plus aimable fille...

PASCALE

Jamais vous nVn pourriez prendre nne plus gentille ,

Qui vous put mieux... Enfin, traitez-la doucement,

Vnus en aurez , monsieur, bien du contentement.

DON JUAN

Je le crois. Mais allons , sans tarder davantage , Dresser tout ce qu'il faut pour notre mariage : Je veux le faire ea forme , et qu'il n'y manque rien.

PASCALE

Eh ! vous n'y perdrez pas , ma fille • de bon bien. Quand sqn père mourut , il avait des pist^les , Plus gros...

DON .TUAN

Ne perdons point le tçptps à des paroles.

AetE V, SCENE ni. irt,

Allons, venez, ma belle» Ah! que j'ai de boaheur 1 Vou» allés èitt à moi !

Ce m'est beaucoup d'boaneur.

SGAIfARJfLLE,

( ba^ h P fiscale. ) •II cberchi^ à la duper ; gardez qu'il ne l'emûiène. C'eit un fourbe.

PASCALE

Comment?

SGANARELLB.

(bas.) A plus d'une douzaine....

( haut y se vfryant obsen'è par don Juan. ) Ah ! l'honnéie homme ! Allet, votre iîlle aujourd'hui Aurait eu beau chercher pour trouver mieux que lui. 11 a de Tamitié t.. Croyez-moi, qu'une femme Sera la bien... Et puis, il la fera grand'damc. OOIV JUAN.

( à Licnor. ) Ne nous an-étons point , ma belle ; j'aurais peur Que quelqu'un u« survint.

KGAIYABXLLK.

( bas à Pascale. ) C'e$t le plua grajxd trompeur...

PASCALE

( à don Juan. ) Où donc nous menez-vou«?

DON JUAN. '

Tout droit chef un notaire/ PASCALE.

Non , monsieur. Dans le bourg, il serait nécessaire D'aller chez sa cousine , afin qu'vtant témoin lie vttre foi donnée... •

Il n'en est pas besoih ; Mon«i«Hr le médecin, et -vous, devez su fJre.

MOlCOk.

(kPosemle.) Somme»-iioas pa> d'accord?

DC5 JDAK.

Il ne fant plus qu'écrire.

Quand Us auront signé tous deux avecque nous ^^ Que je vous prendspour femme, et vous, moi pour épo C'est comme si....

PÂSGALV.

Non f non ; sa cousine y doit être.

bQÀKARELLR,

(^bas,h Pascale. ) Fort bien.

LiOKOK.

Quelque amitié qu'elle m'ait fait parattie.

Si cbex elle il n'est pas nécessaire d'aller , Ne disons rien t peut-être elle voudrait parler.

OON JDAIC.

Oui , quand on veut tenir uno affaire secrète , Moins on A de témoins , plus la chose est bien faite.

PASCALS.

Mon dieu ! tout comme ailleurs, che» elle, sans édat. Les notaires du bourg desseront le contrat.

SGAITARBLLB.

Pourquoi vous défier ? Monsieur a-t-il la mine

* (bas h Fascate.)

D'être un fourbe? Voyez.... Ferme, cbex la cousine.

DOIT JPAir.

( h Lèonor. ) Au hasard de l'entendre enfin nous quereller « Avan^-ons.

PA8GALB.

( arrêtant Lèonor. ) Ce n'est point par \k qu'il faut aller.

Tous n'êtes pas encore o'u vous pensez , beau sire.

Page 1