‹ Le festin de pierre: comédie en cinq actes, de MolièreChapitre 62 sur 69 · ACTE V, SCENE lî. |o5i · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE lî. |o5i

On M fait d*nn grand corps le membre ^nt^pâiable c C'est alors qu'on est sûr de ne succomber pas. Quiconque en blesse Vun , Ifiê a tous sur Les br«s ; Kl ceux même qu'on s^it que le ciel seul occupe , Des singes de leurs mœurs sont rordiaairc dupe : A quoi que leur malice ait pu se dispenser.

Leur appui leur est sûr, ils ont tu grimaper. Ab i combien j'en connais qui , par ce stratagèa^e , Après avoir vécu dans un désordre extrême , S'armanl du bouclier de la religion , Ont rbabillë sans bruit leur dépravation , Et pris droit , au milieu de tout ce que nou# sommes. D'être sous ce manteau les plus mécbans des hommes j On a beau les connaître , et savoir ce qu'ils sont. Trouver lieu de scandale aux intrigues qu'ils ont : Toujours même crédit , un maintien doux , honnête, Quelques roulemens d'yeux , des baissemens de tête , Trois on quatre soupirs mêlés dans un discours. Sont , pour tout rajuster , d'un merveilleux secourt, C*«st sous un tel abri qu'assurant mes affaires , Je Tenx de mes censeurs duper les plus sévères : Je ne quitterai point mes pratiques d'amour , J'aurai soin seulement d'éviter le grauvi jour; Et saurai , ne voyant en public qne des prudes , Garder k petit bruit mes douces habitudes.

Si je suis découvert dans mes plaisirs secrets , Tout le corps en chaleur prendra mes intérêts ; • Et, sans me remuer , je verrai la cabale Me mettre hautement a couvert du scandale.

C'est \k le vrai moyen d'oser impunément Permettre Ji mes désirs un plein emportement : Des actions d'autrui je ferai la critique , Médirai saintement , et . d'un ton pacifique , Applaudissant à tout ce qui sera blâmé , Ne croirai que moi seul digne d'être estimé.

S'il faut que d'intérêt quelque affaire se passe , Fût-ce veuve , orphelin, point d'accord, point de grâce.

to6 LE FESTIN DE PIEl^RE ,

Et ) pour peu qu'on me choqae , ardent ii me Tcnger ,

Jamaù rien au pardon ne pour»a m'obliger.

J'anrat tout doucement le zèle cbari^ble

De nourrir une haine irréconciliable ;

Et , quand on me viendra porter à la douceur ,

Des intérêts du ciel je ferai le Tengenr.

Le prenant pour garant du soin de sa querelle ,

J*apputrai de mon cœur la malice infidèle ;

Et , selon qu'on m'auri plus ou moins respecté ,

Je danmerai les gens de mon autorité.

C'estainsi queTon peut, dans le siècle oit nous sommes.

Profiter sagement des faiblesses des hommes.

Et qu'un esprit bien fait , s'il craint les mécontens ,

Se doit accommoder »nx vices de son temps.

SGANAaBLLB.

Qu*entends-}e! C'en est fait, monsienr.etje vous quitte} Il ne vous manquait plus que vous faire hypocrite ! Vous êtes de tout point achevé , je le voi.

Assommes-moi de coups , percez-moi , tues-moi : Il faut que je vous parle , il faut que je vous dise : « Tant va la cruche à l'eau qu'enfin elle se brise. » Et, comme dit fort bien, en moindre ou pareil cas , Va auteur renommé que je ne coaoais pas :

Un oiseau sur la branche est proprement l'exemplt De l'homme qu'en pécheur ici-bas je contemple. La branche est attachée à l'arbre , qui produit , Selon qu'il est planté , de bon ou mauvais fruit. Le fruk , s'il est mauvais , nuit plus qu'il ne profite; Ce qui nuit, vers la mort nous fait aller plus vite ; La mort est une loi d'un usage important ; Qui peut vivre sans loi , vit en brute ; et partant , Ramasses : ce sont U preuves indubitables Qui font que voua irez , monsieur , k toua les diables.

DOHiDAir.

Le beau raiaoanemeBt !

SCAHIEBLLB.

Ne vous rendes donc pas ; Soyes damné tout aeul , car , pour moi , je suis las...

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