ACTE I , SCENE n
A ce qui in£ peut faire an destin tout charmant. CeUe qui me réduit à soupirer pour elle Estnne fiancée aimable y jeune , belle , Et conduite en ces lieux , ou j'ai suivi ses pas, Par rhenreux k qui sont destinés tant d'appas. Je la vis par hasard ; et j'eus cet avantage Dans le temps qu'ils songeaient à faire leur voyage. Il faut te l'avouer : jamais jusqu'à ce jour Je n'ai vu deux amans se montrer tant d'amour. De leurs cœurs trop nnis la tendresse visible , Me frappant tout â coup , rendit le mien sensible ; Et y les voyant céder aux transports les plus doai , Si j e devins amant , je fus amant jaloux.^ j Ouï , je ne pus souffrir, sans un dépit extrême , sOu'ils s'aim asse nt autant que l'un et l'autre s'aime. Ce bizarre" nagrin alluma mes désirs :
Je me fis un plaisir de troubler leurs plaisirs, De rompre adroitement l'étroite intelligeace Dont mon coeur délicat se faisait une offense. N'ayant pu réussir, plus amoureux toujours , C'est au dernier remède enfin que j'ai recours : Cet époux prétendu , dont le bonheur me blesse , Doit aujourd'hui sur mer régaler sa maîtresse ; Sans t'en avoir rien dit, j'ai , dans mes intérêts ^ Quelques gens qu'au besoin nous trouverons tout prét»;^ Ils auront une barque, où la belle enlevée Bendra de mon amour la victoire achevée.
8GANARELLE.
Ah , monsieur !
DOPr JDAN.
Eh{
SGANABELLE.
C'est là le prendre comme il faiit^ Vous faites bien.
DON JUAR. 1.
L'amour n'est pas un grand défaut 1
ao LE FESTIN DE PIERRE ,
SGANÂBKLLB. i
Sottise : il n'est rien tel que de se Mtitfaire. / ■ (àpart.) J
La méchante âme !
DOW JUAir.
Allons songer à cette «flaire :
Voici l'heure à peu près oii ceux.. . .