II
Vois, L’'ennemi Sournois te guette.
Vois. Il frémit Sur sa raquette, Bondit, trappeur, Sur toi se jette.
Tire sans peur Ton casse-tête,
Son oeil profond D'éclairs s'allume, Je vise au front Qu'orne une plume, 11 est temps, vieux, Ton sang se glace, Va chez tes Aieux Faire la chasse.
CHOEUR
Glisse, glisse, trappeur Glisse comme les ombres
(1) Les deux couplets qui suivent sont retranchés à la représentation,
Sous bois, glisse, coureur, Parmi les forêts sombres.
PERUSSE :—
Gare à toi! L'ennemi Sournois te guette, Gare à toi, il a frémi Sur sa raquette.
I] bondit, trappeur et s'élance.
Ton tomahawk !
CHOEUR :—(faisant le geste.) Ach ! PERUSSE :—
Et le lance.
Ah! Ah! Touché! au front.
Tel le pin mordu par l'acier qui, sur son tronc, Retombe Ainsi vacille et iombe L’ennemi farouche et sans peur.
Ah! Ah! frappé! au coeur !
CHOEUR
Glisse, glisse trappeur
Glisse comme les ombres ; Sous bois, glisse, coureur, Parmi les forêts sombres.
(Pérusse, pendant la reprise, remet une lettre au Comte, Ce dernier brise le cachet et lit.)
LE COMTE
Bonnes nouvelles, mes amis ; un renfort nous arrive, un renfort de vingt soldats.
TOUS :— Vingt soldats ?
PERUSSE :—
Oui, un vrai régiment, et gai, et étincelant, et pomponné et astiqué. Ils sont restés à la tête du lac, au lieu de venir camper ici leur biv.uac pour la raison qu'ils disent que les baïonnettes et les boutons ça reluit pas dans l'ombre, qu'ils aiment mieux attendre le soleil pour faire une entrée plus étincelante. Mais, c'est des braves tout de même, qui ont vu tous les climats, été de toutes les victoires, couru de la Louisiane à la Baie d'Hudson. Oui- C'est de
la rude écorce, quasiment des trappeurs pas vrai, Michel ?
MICHEL
(Michel verse à boire. Le Comte et Pérusse entrent dans l'habitation. Reprise de Glisse, glisse.... Tous sortent à droite excepté Michel qui referme la porte. La scène redevient noire.)