GAETANE.—MICHEL.—PUIS GASTON
MICHEL
Personne.
GAETANE :—(sur les marches.)
Personne.
MICHEL :—(à la petite porte, faisant signe avec la main.) Venez.
(Gaston entre et s'approche de Gaétane. Michel monte sur la plateforme et regarde au loin. La petite porte reste ouverte.)
GASTON
Gaétane, mon amour !
GAETANE :— | Ah ! Gaston !
GASTON :—(fléchissant le genou et baisant la main de
Gaétane.)
De retour.
A vos pieds belle Diane è A vos pieds, ma Gaétane !
s GAETANE :—
Relevez-vous Gaston Et m'embrassez.... sur le front.
GASTON :—(la baisant au front.)
Vous m'aimez donc ?
GAETANE :—(riant.)
Oui, non, peut-être.
GASTON
Aimer ainsi C'est faire paraître Et faire douter aussi.
ent ène
Douter quand on aime C’est aimer deux fois.
GASTON
Las ! Je doute, et crois même
Vous aimer mille fois
Mais dis-le que tu m'aime
En m'’'aimant dans ta voix.
GAETANE :—
i Fi! Le méchant qui doute !
Je vous aime Gaston.
GASTON :— ) 6 Dis encor. Car la route
Fut longue.
st GAETANE :—
rte Je t'aime, Gaston..,, Mais je tremble que mon père....
GASTON
Il n'a pas oublié Ame fière.
he
Il à à pas oublié de Qu'il est de race altière Que l'orgueil l'a lié.
GASTON
Eh bien ! tous les deux par la plaine, Nous irons cacher notre amour,
En la Louisiane sereine,
Allons nous perdre sans retour.
Partons ! Près d'ici, sur la grève, Une pirogue nous attend,
Viens, Gaétane ; et que mon rêve
Se réalise en cet instant !
GAETANE :—
Les amours ont des charmes Qui sont des cieux ;
Le devoir a des larmes Et des adieux.
GASTON
Du soleil, là-bas, la caresse Frflante alanguit les amants.
La brise est pieilne d'une ivresse
Qui glisse des arbres géants ;
Les roses y naissent plus roses.
Viens, mignonne, au pays des d'eux.
En mon coeur, je sens mille choses Que là-bas, je dirai bien mieux.
GAETANE :—
Les amours ont des charmes Qui sont des cieux ;
Le devoir à des larmes Et des adieux.
GASTON
Viens, mignonne, au pays des dieux.
GAETANE :—
Non, non, je reste.
GASTON
Gaétane, partons....
GAETANE :—
Je reste
Non, non.
Vierge céleste, Vierge des cieux, Abrégez la lutte Et nos adieux.
Contre l'amour, l'amour lutte, Contre un père, un fiancé.
GASTON :— Moi, n'est-ce pas assez ?
GASTON :— GAETANE :-
Si l'amour a des charmes Les amours ont des charmes Qui sont des cieux ; Qui sont des cieux ; Pourquoi verser des larmes Le devoir a des larmes Et dire adieu. Et des adieux.