SCENE DIXIEME
LES MEMES.—PERUSSE (sur le rocher.)
PERUSSE :—
Salut au chef de la tribu des Loups.
(Un silence. Pérusse descend.) BISSON-BORGNE :— Salut au brave trappeur Jean-Pierre, Qu'il soit chez
les Loups tout une lune. Les loups seront contents.
PIED-LEGER :—(donnant à Pérusse les marques d'une vive satisfaction.)
Le frère trappeur apporte la joie dans le coeur de Pied-Léger.
PERUSSE :—
Le trappeur est heureux de revoir Pied-Léger en bonne santé.
(Pérusse, Bisson-Borgne et Pied-Léger s'assoient par terre et allument le :alumet de la paix qui circule de main en main, Técumseh se tient un peu en arrière.)
BISSON-RORGNE 3 Et que veut le frère trappeur ?
PERUSSE ;-— Le frère trappeur veut la paix.
BISSON-BORGNE
Les Loups n'ont pas déterré la hache de guerre et la marmite de Ja paix “bouille” ancore devant la tente du grand chef.
PERUSSE :—
Non. Le frère trappeur a perdu confiarce dans 1a grande t'ibu des Loups.
TECUMSEH
Les Loups savent venger l'insulte !
BISSON-BORGNE
Paix! Técumseh. Le frère trappeur n’a pas insulté les Loups. Il a dit qu’il ne les aime plus
PERUSSE :—
Non. Le frère trappeur ne peut plus aimer les hommes qui trahissent.
BISSON-BORGNE
Les loups n'ont pas trahi.
PERUSSE :—
Les Loups ont promis au grand Ononthio qu’ils ne feraient plus de mal aux guerriers français, Malgré cette promesse, ils ont enlevé une “squaw’ blanche à leur “wigwam’. Malgré cette promesse, ils ont attaché un visage pâle au poteau du supplice. Le visage pâle et la “squaw” blanche sont les amis du trappeur. Les Loups aussi étaient les amis du trappeur qui a souvent fumé le calumet de la paix avec le grand chef Bisson-Borgne et a chassé l’orignac et le castor avec Pied-Léger.
BISSON-BORGNE
Le frère trappeur dit vrai.
PERUSSE :—
Si les Français, amis du trappeur, avaient pris Saïka et la retenaient captive dans leur fort : s'ils avaient attaché Pied-Léger au poteau de torture, Bisson-Borgne sait-i] ce qu'aurait fait Pérusse ?...,
(Bisson-Borgne fait signe qu’il ne sait pas.)
PERUSSE :
Le trappeur serait allé trouver l'Ononthio des Français et lui aurait dit : “Pied-Léger et Saïka sont les amis de Pérusse. Rendez la liberté aux captifs. : L'Ononthio des Francais aurait rendu la liberté aux
amis de Pérusse et Bisson-Borgne serait content.
(Bisson-Borgne hoche la tête.)
Le grand-chef sait que la “squaw” volée porte | malheur, Téleh est mort parce qu'il avait pris une | “squaw’” du “wigwam’” des visages-pâles.
PIED-LEGER
Le frère trappeur dit vrai.
BISSON-BORGNE
Le Manitou a parlé. Il veut la femme-blanche ou la pierre-de-chasse du trappeur.