UN HABITANT
Maintenant, allons aux champs.
LE COMTE
Oui, braves gens, allez reprendre vos travaux terrompus par cette fête du mai.
faudra peut-être protéger vos femm contre
in- Demain, il vous
es et vos enfants la hache et le Casse-tête indiens. Dans ce
Pays, On n’est jamais sûr de demain : C'est la guerre harcelante, imprévue, Allez, aujourd’hui, préparer
la moisson qui assurera à vos familles du pain pour cet hiver. Allez.... et merci,
(Il se produit un mouvement dans
la foule, on se serre la main et l’on sort lentement.)
LUCIENNE
(aux jeunes filles.)
Nous, allons dans la plaine cueillir des fieurs.
Tu permets, père ? Tu sais, c'est aussi la fête de la Vierge. Nous lui ferons des bouquets.
LE COMTE :— Aliez, mes enfants, mais ne vous éloignez pas. LUCIENNE :—
Vous craignez que des Iroquois ne viennent nous enlever ?
LE COMTE
Avec eux, il faut tout craindre,
GAETANE :— (sortant un joli stylet de sa c
einture et mena- Gant, un peu gauche.)
Nous, nous ne les craignons pas.
LE COMTE #— (brusque, mais tendre.)
Folle! (il l’'embrasse,) Va.
EDGAR
Permettez, monsieur Je comte, que je sois À ces dames leur garde-du-corps,
LE COMTE :— Non. J'ai besoin de toi pour une petite sortie vers
le Rocher-Fendu. Sois ici, dans un instant, avec dix hommes ; je te donnerai mes ordres,
(Les jeunes filles, riant et babillant, sortent par la porte cochère. Edgar, se mêlant à la foule, sort par la gauche.)