‹ Le fétichisteChapitre 5 sur 7 · LE HASARD FORTUNÉ · texte numérisé non relu

LE HASARD FORTUNÉ

cédant ses amis écrasés par les discours de l'ex-

papetière.

En un instant, il atteignit son domicile. Cinq heures sonnaient, et le jour ne déclinait

pas sensiblement.

— Asseyez-vous, reprit-il, nerveusement, s'adressant à Mlle Divonne et à Vendôme en montrant le divan de son cabinet de consultation.

S'étant épongé avec son mouchoir, car la sueur lui ruisselait du front, il déplaça un chiffonnier de bureau colloque entre sa bibliothèque et sa cheminée, en ôta les quatre tiroirs de carton, le renversa sur le tapis, le palpa partout, fit jouer un compartiment dissimulé à la partie inférieure, et bouillant de contentement, brandit une enveloppe d'assez grande dimension qu'il déchira.

— Voici vos fameux documents, fit-il en tendant une liasse de papiers à Emma.

Éperdue, Mlle Divonne feuilleta fébrilement la découverte du médecin, et s'évanouit.

Le capitaine la soutint.

Des soins la ranimèrent.

— Expliquez-moi ?... ditrelle étourdie, hésitant à croire à son bonheur.

— Bien volontiers, répliqua Févrel .joyeux : j'ai acheté, ne soupçonnant point son contenu, ce cartonnier à la vente judiciaire du mobilier de Mlle Chauny et les révélations inconscientes que nous a faites, en pleine rue, il y a une demi-heure, notre ancienne papetière, ont illuminé mon esprit.

Des pleurs de reconnaissance prouvèrent à

l'excellent docteur que l'officier et Emma appréciaient dignement son concours persévérant, désintéressé, et son dévouement.

La fortune devenant volontiers prodigue lors qu'elle cesse d'être sordidement avare, le même soir, Vendôme apprit qu'une tante, sœur de sa mère, retirée en province, et enrichie depuis peu, était morte en lui léguant ce qu'elle possédait, une centaine de mille francs.

— Voilà de quoi nous permettre : primo, de nous marier, dit le capitaine à sa fiancée ; secundo, de mener à bien l'instance qui vous rendra l'héritage de votre père.

En décembre, la célébration du mariage commença ineffablement la vie nouvelle d'Emma et de Vendôme ; et le procès, dont s'occupèrent activement le notaire «de la famille Divonne et un avocat savant, disert, influent, intègre, d'un genre différent du déplorable Jonzac, eut, en juin, la conclusion prévue, désirée.

Mais combien peu il s'en était fallu que ce drame ne se terminât lugubrement pour ses personnages les plus sympathiques et les plus méritants !

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