‹ Le feutrage arachnoïdien postérieur dans les lésions médullairesChapitre 23 sur 67 · I. — FEUTRAGE ARACHNOIDIEN POSTÉRIEUR DANS LA SYRINGOMYÉLIE · texte numérisé non relu

I. — FEUTRAGE ARACHNOIDIEN POSTÉRIEUR DANS LA SYRINGOMYÉLIE

Nous en rapportons six cas. Comme tous ces cas sont superposables, nous décrirons un cas en détail en insistant, dans les conclusions, sur les particularités dés au- : tres. Il s'agissait, dans tous les cas, de syringomyélies habituelles, avec gliome.

CAS TI. — M... Syringémryélite cervico-dorsale, feutrage arachnoïdien de l’espace postérieur de la moelle dorsale

La lésion cavitaire, précédée d'un gliome plein, apparaît au niveau du huitième segment cervical, sous la forme d’une fente étroite qui s'étend dans le sens transversal, et détruit : la plus grande partie des cornes antérieures, la commissure grise, la base dés cornes postérieures. Elle s'étend dans les cordons blancs latéraux et touche les faisceaux pyramidaux croisés. Au voisinage de la cavité, les fibres myéliniques sont dégénérées sur une étroite bande.

À la région dorsale moyenne, le processus cavitaire devient beaucoup plus vaste, de sorte qu'il détruit toute la moitié ventrale de la moelle et aussi bien la substance grise que la substance blanche. 11 ne reste que les cordons postérieurs et la sortie des racines postérieures qui soient à peu près indemnes.

La cavité devient plus petite dans la région basse de la moelle dorsale où elle se limite autour du canal épendymaire ; elle disparaît peu au-dessous de cette région où l’on retrouve le tissu gliomateux.

La méninge molle qui recouvre la moelle est épaissie sur sa totalité. Il existe en plus un feutrage arachno d'ien serré, situé à la régron dorsale (en arrière des ligaments dentelés) et qui fait un blocage de l’espace sousarachnoïdien.

À la région cervicale, le feutrage arachnoïdien est représenté par un ie RARES du ligament postérieur de la moelle, qui s'étend en éventail de la pie-mère à l’arachnoïde, Les tractus fibreux qui constituent la trame intérieure de ce sement sont multipliés.

A la région dorsale inférieure et à la région lombaire, an retrouve des modifications analogues du ligament postérieur.

L'étude des sections en série de la moelle, de la ré: dion cervicale vers la région dorsale ou de la région iombaire vers la région dorsale, montre l'élargissement progressif du.ligament postérieur qui remplit une étendue de plus en plus grande de l’espace sous-arachnoïdien postérieur. Il arrive à rejoindre les replis leptoméningés qui forment les gaines des racines et des vaisseaux postérieurs de la moelle, qui prolifèrent à Jeur iour ; ainsi se trouve envahi, à la région dorsale haute, tout l'espace compris en arrière de ligaments dentelés. Les lamelles fibreuses qui caractérisent le feurage sont formées par des tractus conjonctifs situés à l’intérieur du ligament postérieur.

À la partie antérieure de la moelle, la leptoméninge est simplement épaissie mais il n'existe pas de feutrage erachnoïdien.

Remarquons qu'il n'y a pas de parallélisme absotu entre l'étendue en hauteur du processus syringomyYélique et celle du processus arachnoïdien, car on retrouve celui-ci au niveau des régions dorsales inférieures et lombaires où la lésion médullaire a complètement disparu.

Fi6. 2: == Syringomyélie. Gas LH. = Aspect macroscopique du feutrage arachnoïdien.

Fic. 4 — Même cas. Région dorsale moyenne. Le feutragé arachmoïdien remplit l’espace postérieur jusqu'aux ligaments dentelés.

F6. 3. — Même.

cas. Elargissement feutré du ligament postérieur,

sé 43 ——

À L'examen histologique du feutrage arachnoïdien montre que celui-ci est formé par des lamelles où l’on trouve des fibres collagènes, pauvres en noyaux. Il n'y & pas de modifications vasculaires. La méninge molle, et le feutrage arachnoïdien particulièrement, ne sont

pas infiltrés d'éléments inflammatoires.

Le feutrage s'étend à tout l'espace postérieur de la moelle ; Ia ÉHomentse qui recouvre la moelle ainsi que son “feuillet arachnoïdien qui double la dure-mère, participent au processus. Mais le feutrage arachnoïdien est caractérisé par la présence de feuillets conjonctifs dérivés principalement de la trame du ligament postérieur, et où l'élément noble de la méninge molle — le méningoblaste — a une participation très réduite.

Les lésions de la moelle sont caractéristiques de la syringomyélie commune avec présence du gliome aux deux extrémités hautes et basses de la cavité. Nous ne décrirons pas en détail ces lésions qui n’offrent rien de particulier.

Les dégénérescences myéliniques qu'on observe dans la moelle sont toutes centrales, en rapport avec la cavité. Il n'y a, à aucun niveau, de démyélinisation margiñale de la moelle qui puisse être interprétée comme secondaire. à la lésion méningée. ;

Les racines antérieures sont dégénérées au niveau où le processus syringomyélique détruit les cornes antérieures ; on trouve également des dégénérescences des racines postérieures, toujours en rapport avec la lésion syringomyélique. Il n'y a aucun rapport manifeste entre la dégénérescence des racines postérieures et 1 feutrage atahnoidien.

Dans les cinq autres cas, les lésions sont sensiblement analogues. On rétrouve à l’origine du feutrage Félargissement progressif du ligament postérieur de fa moelle. À

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