PATHOGÉNIE DU FEUTRAGE ARACHNOIDIEN
Avant d'envisager lé mécanisme de Ja production de l'arachnoïdite extensive, nous voulons insister sur une notion capitale qui se dégagé des nombreuses observalions anatomiques précédentes : le feutragé arachnoïdien postérieur résulte de l'élargissement, de la prolifération du ligament postérieur de la moelle. Cette constatation Héoule de la lecture des coupes que nous avons étudiées. On ‘assiste én effet à l’épaississement, à l'élargissement de plus en plus important du ligament postérieur qui arrive, avec l’aide des gaines méningées péri-radiculaires postérieures, à constituer le féutrage postérieur. Il ne s’agit donc pas d’une néo-mémbrane, comme l'aspect dé certaines coupes des méninges avait pu Ie faire supposer à certains auteurs. Il ne s’agit pas non plus d’une augmentation du nombre des tractus qui s'étendent de la partie postérieure de la moelle
à l’arachnoïde. Ce feutrage n’est que la prolifération Rate d'un segment leptoméningé, de constitution normalement lamelleuse : le ligament postérieur. Cétte notion, en outre, rend compte de la localisation du processus dans une région de la moelle, :strictement délimitée, que nous discuterons par la suite.
Un second caractère, sur lequel nous voulons insister, est sa production en fonction du temps, il ne
se constitue que lentement après l'installation des lésions médullaires. Les cas de feutrages arachnoïdiens précoces constatés après ou au cours des méningiles aiguës (à méningocoques) peuvent relever d’un tout autre mécanisme, formation d'adhérences, de néomembranes organisées, et n’ont rien de commun avec le processus que nous étudions.
La grande majorité des arachnoïdites que nous présentons s'étaient constituées dans un laps de temps se chiffrant en général par années. Nous avons constaté cette lésion des méninges, dans des hémiplégies très anciennes, jamais dans les hémiplégies datant de moins de six mois. Il est possible qu'il y ait un certain rapport entre la nature de la maladie primitive et la rapidité de l’évolution du feutrage.
Le terrain peut jouer aussi un rôle. Des cas de tabès
-avec des lésions médullaires de même intensité et ayant
évolué pendant un laps de temps sensiblement égal, s’accompagnent de réactions feutrées, d'intensité très différentes. La même remarque peut s'appliquer à la syringomyélie et aux autres maladies étudiées.
De l'examen des cas d’arachnoïdite de nature si diverse que nous avons fait, il se dégage deux conclusions, commune pour tous ces cas : la localisation du procesus feutré à la partie postérieure de la moelle et sa prédominance à la région dorsale.