INTERPRÉTATION DE LA LOCALISATION DU FEUTRAGE
Dans tous les cas d’arachnoïdite feutrée diffuse, il y a prédominance des lésions à la région dorsale, qu'il s'agisse de syringomryélie, de sclérose en plaques, ou d'hémiplégie. Même lorsque les lésions médullaires
sont localisées en des régions éloignées (cervicale ou
lombo-sacrée), c'est toujours à la région dorsale que se développe le maximum des lésions de feutrage. La
# raison de cette prédominance revient encore à la disposition anatomique normale. Le ligament postérieur de la moelle est normalement plus développé à la région dorsale qu'en toute autre région:
Peut-être pourrait-on invoquer à cet égard un argument embryologique, Pie-mère et arachnoïde, à un stade intitial du développement embryonnaire, forment un tissu plein. Dans ce tissu, se preduit un clivage qui le sépare en deux feuillets : pie-mère et aarchnoïde. Le clivage serait dù, d'après Weep, à l'apparition du liquide céphalo- rachidien. Il est logique de penser que ce clivage de la leptoméninge <e produit progressivement, et, en fait, l'examen de pièces de fœtus d'un âge assez avancé, montre qu'il persiste en certains points des zones d’accollement. Sur deux moelles de fœtus humain de cinq mois, nous avons pu constater que la séparation du tissu méningé primitif, en pie-mère et arachnoïde, reste longtemps incom-
plète à la région dorsale. Sur le fœtus de 5 mois, il
existe une zone d’accollement située au niveau des cordons postérieurs. La leptoméninge se présente comme un tissu plein. La future arachnoïde est reconnaissable à ses cellules volumineuses arrondies, disposées en plusieurs couches ; il existe une transition insensible avec la pie-mère, où Fon voit de nombreuses cellules allongées. Chez le fœtus de 6 et 7 mois, le clivage de cette partie postérieure du tissu leptoménin: est presque terminé. [1 persiste néanmoins un pont de tissu plein entre pie-mère et arachnoïde, sur la ligne médiane postérieure.
Cette notion expliquerait peut- -ètre pourquoi, chez l'adulte, le ligament postérieur de la moelle atteint son maximum de développement à la région dorsale. Nous nous réservons de poursuivre sur un matériel plus riche l'embryologie du ligament postérieur de la moclle. |
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Dans tous les cas anatomiques que nous avons rapportés, nous avons élé frappés par les earactères d’analogie de la réaction feutrée arachnoïdienne, l'absence de phénomènes inflammatoires au niveau de la méninge proliférée, l'absence de lésions radiculo-méduilaires, directement en rapport avec le processus arachnoïdien, évoluant pourtant depuis fort longtemps.
Toutes ces arachnoïdites — comme toutes les arachnoidites associées à des lésions médulluirès — sont, selon nous, secondaires aux lésions médullaires qui sont primitives.
Elles résultent de l’irritation chronique de la leptoméninge, par. les produits de désintégration de la .moelle.
Nous insisterons sur l'importance pathogénique que nous donons au ligament postérieur dé la moelle, base analomique de l'arachnoïdite feutrée. L'existence de ce ligament — ou plutôt de cette formation méningée traversant l’espace sous-arachnoïdien -— nous parait rendre compte
1) de sa localisation postérieure à prédominance
dorsale; 2) du développement du feutrage.
L'existence d’une circulation de produits de désintégration du tissu nerveux, sous forme de COrps granuleux ou d'éléments de caractère plus inflammatoires, comme les lymphocytes ou is plasmazellen, a été longuement étudiée dans des travaux devenus classiques. Gelte circulation se produit dans les espaces périvasculaires ou espaces de Virchow-Robin. Dans le système nerveux central, les vaisseaux sont entourés par un espace clair, sorte de prolongement périvasculaire de l’espace sous-arachnoïdien ; à son intérieur, existe une circmulation centrifuge, vers les méninges et l’espace sous-arachnoïdien. La paroi externe de l'espace périvasculaire a une constitution complexe ; elle est for-