‹ Le fief de Chères et ses seigneursChapitre 4 sur 34 · COMPOSITION DU FIEF DE CHÈRES · texte numérisé non relu

COMPOSITION DU FIEF DE CHÈRES

A partir des dernières années du XIV** siècle, les documents sur Chères sont moins rares, et plus nous avancerons, plus ils deviendront abondants. Il ne s'agit plus de chartes péniblement recueillies dans les cartulaires, au milieu de milliers d'autres étrangères à notre sujet. Nous avons maintenant à notre disposition des pièces, qui traitent exclusivement des affaires et des intérêts de notre fief, et nous donnent des renseignements sur ses différents seigneurs.

Malheureusement, les titres purement féodaux ont presque tous disparu. Plus de mille de ces titres qui faisaient partie du trésor de Chères, ont péri, comma tant d'autres, à l'époque où des hommes, égarés par une passion aveugle, croyaient que, pour éviter le retour du régime féodal, il fallait livrer aux flammes, ou employer à la confection des gargousses, les parchemins qui renfermaient six siècles de la vie d'un peuple.

Voici l'acte attestant que, conformément à la loi, les parchemins et papiers de la seigneurie de Chères ont été déposés entre les mains des officiers municipaux du Mans :

« Nous soussignés, Joseph Chassevent, huissier national et Gabriel Manguin, marchand, tous deux demeurant en cette ville, paroisse de Saint-Benoist, certifions à tous qu'il appartiendra que la citoyenne Crespin Chère, demeurante même paroisse, s'est présentée aujourd'hui à la commune de cette ville et qu'elle a déposé en notre présence entre les mains du citoyen Barré, greffier de la municipalité, tous les papiers et titres féodaux concernant le fief que possède son mary dans la paroisse de Savigné-lès-Le-Mans , lesquels papiers consistent en registres, aveux, déclarations, quittances et généralement tous autres titres de féodalité ayant

rapport aud. fief, le tout en conformité des décrets de la Convention. En foy de quoi nous lui avons délivré le présent pour servir et valloir ce que de raison.

» Au Mans, nonidi de la i"*® décade frimaire, 3^ mois de la 2« année républicaine francoise une et indivisible. 1793. >

J. CHASSEVENT. G. MANGUIN.

Ajoutons que la citoyenne Crespin Chère avait eu l'heureuse idée de ne pas livrer un registre, renfermant précisément l'inventaire sommaire des pièces, que la loi proscrivait. Ce registre précieux est fort endommagé par l'humidité ; il nous a permis néanmoins de combler certaines lacunes, et de citer bien des noms qu'il est bon de conserver. Son premier article est du lundi après Judica^ Tan 1379, et le dernier porte la date du 9 avril 1764. Quant aux parchemins et aux papiers épargnés par le temps, les plus anciens remontent à 1404.

Mais, avant de parler des seigneurs de Chères, nous croyons utile de donner une idée de leur fief. Voici la substance de l'aveu présenté par le dernier d'entre eux, en 1787, h Monsieur, frère de Louis XVI et comte du Maine.

Domaine.

Outre le logis seigneurial, cour close de murs, fuie, maison de fermier et autres bâtiments, cinquante - sept journées de terre labourable, deux arpents et demi de taillis, quatoi'ze hommées de pré et la garenne des Cropettes, défensable, h lapins, contenant deux journaux et demi, il y avait le bordage de la Pierre et celui des Bussonnières, composés chacun d'une quinzaine de journaux de terre arable et de quelques quartiers de vigne. Les Bussonnières comprenaient en outre de trente-cinq à quarante arpents de taillis.

Terres h o mmagées .

Les principales étaient :

Les fiefs de Beaussé et du Vivier, situés paroisses d'Ecommoy et de Saint-Mars-d'Outillé : ils appartenaient à messire Benoît -Gabriel -Armand de Ruzé, chevalier, marquis d*Effiat, seigneur d'Ecommoy et de Fontenailles.

Partie de la métairie de la Blanchardière, cjue possédait dame Anne-Catherine Duperrier, veuve de M''^ René-François de Renusson d*Hauteville.

La métairie du Pré-aux-Lièvres, qui appartenait à demoiselle Charlotte-Françoise de Renusson.

Les lieux et terres de Forges, possédés par André- Mathurin Fleury et autres.

Les lieux et terres du Petit-Feu, ou Cherais, appartenant à Julien Brière et autres.

Les lieux et terres de Vauhuberl, que se partageaient plusieurs détenteurs, entre autres Pierre Hervé.

Le Pavillon, propriété de W Jean-Louis de Foisy, conseiller au présidial du Mans.

Trois quartiers de vigne sis au Petit-Clos, qui appartenaient à messire Nicolas Le Conte, écuyer, mari de dame Madeleine-Suzanne de Blanchardon.

Un pré de deux hommées, aux religieux de Saint-Vincent du Mans.

En somme, il y avait vingt-cinq arrière-fiefe, comprenant trois cent-huit journaux de terre labourable, soixante-deux hommées de pré, et cinquante-deux quartiers de vigne disséminés dans les clos de Cherais, de Montchevrier, de la Plante, d'Hauteville et des Jeunoires. Les possesseurs de ces arrière-fiefe devaient tous foi et hommage simple, rachat, cheval de service (1). En outre, la plupart étaient tenus de

(1) Les religieux de Saint-Vincent du Mans relevaient de Chères, sous le devoir de garde et ressort à la rétribution du service divin, qui se faisait en leur abbaye, pour deux quartiers de viçne au baç du cJos de Blandau.

payer chaque année, le jour de saint Réiny, à la recelte de Chères, une certaine somme ou de fournir du grain, des volailles. Nous avons même remarqué que l'un d'eux devait des corvées. Toutes ces contributions montaient annuellement à 7 1. 48 s. 5 d. de service, à 65 1. de rente foncière, à 4 poules, 1 chapon, 3 boi^^seaux de seigle, 1 boisseau d'avoine et 2 corvées.

Terres censives.

Le bordage de Longlée, au seigneur lui-même (cens fictif).

La métairie d'Hauteville, aux religieux de Saint-Vincent.

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