‹ Le fief de Chères et ses seigneursChapitre 3 sur 34 · III · texte numérisé non relu

III

Quoiqu'il en soit, le fief, dont nous allons nous occuper, était certainement constitué bien avant le temps où son nom paraît pour la première fois dans les cartulaires. Si nous ne trouvons de traces de son existence ni au X® siècle, ni dans le cours du XI*^, une pareille lacune n'a rien d'étonnant. Les grands événements, dont notre pays a été le théâtre durant cette longue période, n'ont eu que de rares historiens : une simple seigneurie devait à plus forte raison passer inaperçue.

Le Livre blanc du Chapitre renferme une charte de l'année 1180, dans laquelle il est enfin question du fief de Chères.

L'archidiacre Eustache fonda une prébende dans l'église cathédrale et la dota richement. Plus tard, dans son testament, pour augmenter le revenu de cette prébende, il donnait au titulaire, entre autres choses , certaines places

(i) Vêlera analecla, t. Ill, p. 56.

(2) Histoire de VEylhte du Mans, Introduction, p. Xl-XIV.

(3) Testament de saint Aldric , Géographie ancienne du Diocèse, p. LXII.

de terrain qu'il possédait dans le fief de Regnauld de Chères (1).

Au XIII° siècle, le cartulaire de Saint-Vincent nous fournit aussi quelques données sur notre fief. Nous avons été assez heureux pour y découvrir trois chartes, qui ne sont pas importantes par elles-mêmes, mais qui cependant ont une certaine valeur, grâce à leur antiquité.

La première mentionne un don fait devant TOfficial en 1255.

*!•■« Robert de Contres, clerc, donne pour le salut de son âme, à Dieu et à Tabbaye de Saint-Vincent, à condition que Ton célébrera chaque année, dans la dite abbaye, son anniversaire, celui de son père et celui de sa mère, un demi-arpent de sa vigne, située dans la paroisse de Savigné, au tertre d'Hauteville, dans le fief de GeofTroy de Marray qui, de son vivant, était chanoine. Robert avait acheté cette vigne de Guillaume de Chères et de Tyecha, femme du dit Guillaume, pour la somme de huit livres et demie tournois.... (2).

La seconde est datée de 1260 : c'est un contrat de vente passé devant TOfflcial.

Geoffroy l^opart et Macée, sa femme, Jean Marescalli, Maurice Bougeri et Philippe Popart, clerc, reconnaissent avoir vendu aux religieux, abbé et couvent de Saint- Vincent, une pièce de terre plantée en vigne et un bois touchant cette vigne, le tout sis au clos d'Hauteville, dans le fief

(1) Addidit autem ad relevamen praedicte pensionis plateas quas habebat de feodo Raginaudi de Chaeriis. Livre blanc, n<» 148.

(2) Universis présentes littcras inspecturis Officialis Cenoman. salutem in Domino. Noverint universi quod in nostra presencia constitutus magister Robertus de Contris, clericus, dédit et concessit pro sainte anime sue Deo et abbatie S''-Vincentii Cenomanensis, ad anniversarium suum et pati'is et matris ipsius clerici quolibet anno faciendura, dimidium arpentum vinee sue site in parrochia de Savigneio Episcopi in tertro de Alta Villai in feodo deruncti Gaufridi de Marray quondam canonici, ut dicebat, quam vineam dictus clericus émit a Guillehno de Chaeriis et Tyecha ejus uxore

pro 8 1. et dimid. turonensibus Anno i2îx>, in vigilià S»'-Dionysii.

de Chères. La dite vente est faite pour cent cinq sous tournois (1).

La troisième porte la date de 4261 : c'est également un contrat de vente par devant TOfficial.

Garin Toaret et Houdearde, sa femme, vendent à Tabbé et au couvent de Saint- Vincent deux pièces de vigne, sises paroisse de Savigné, dans le fief du seigneur de Chères. Cette vente est faite pour sept livres tournois. L'Offîcial a soin d'ajouter que les religieux paieront en outre, chaque année, neuf deniers tournois de cens, le jour de la Saint-Jean d'été, et fourniront un vendangeur et un quart de minot de seigle, également chaque année, lorsqu'ils en seront requis (2).

(i) Universis.... Onicialis.... salutem in Domino. Noverilis quod in nostra presentia constituti Gaufridus dictus Popaii, et Mathea ejus uxor, Johannes Marescalli et Mauricius Bougeri, et Philippus Popart, clericus, recognoverunt in jure quod ipsi vendiderant et adhuc vendunt religiosis viris, abbati et conventui S»'-Vincentii Cenomanensis, quamdara pcciam vinee cura nemore dicte vinee contiguo, que omnia àita sunt in clauso quod vocatur Alta Villa, in parrochia de Savigneio Episcopi, in feodo domini de Chaeriis, ut dicebant, et facta fuit ista venditio pro 105 s. turonensibus, de quibus se Gaufridus et socii tenuerunt pro pagatis. Datum anno Domini 1260, mense februario (n® 288).

(2) Universis.... officialis Cenom. salutem in Domino. Noveritis quod in nostrâ presentia constituti Garinus Toaret et Houdeardis ejus uxor recognoverunt in jure quod ipsi vendiderant et adhuc vendebant abbati et conventui Beati Vincentii Cenom. duas pecias vinearum bordelcschiarum sitarum in parrochia de Savigneio Episcopi, in fcodo domini de Chaeris, ut dicebant. Fuît facta dicta venditio pro 7 1. luroncnsibus eisdem Garino et ojus uxori coram nobis intègre persolutis et ab eis gratanter receptis, ila quod exceptionem non numérale pecunie recepte de cetero non poterunt allegare et dederunt fidem in manu nostra quod ipsi dictis abbati et conventui dictas vineas liberabunt et garantizabunt contra omnes ad 9 d. turonenses de censu reddendos ad nativilatem B. J. Baptiste et ad unum vendemialorem ot 4«"» partem unius minoti slliginis reddendam annuatim semel in anno, cum fuerint requisiti, sine • alia redibitione vel exactionc secnlari, quantum jus dictabit. Ad que omnia et singula dicti Garinus et ejus uxor se et hercdes suos obligarunt et nos prcdicta adjudicamus tenenda... 1201. (n» 306).

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