‹ Le fief de Chères et ses seigneursChapitre 9 sur 34 · GUILLAUME DE MAULNY · texte numérisé non relu

GUILLAUME DE MAULNY

Guillaume, fils aîné d'Hervé de Maulny le jeune, succéda à son père ; mais nous ne savons en quelle année. Il vendit, le 18 juin 1424, son fief de Chères à Guillaume Gastel, moyennant .sept cents vieux écus d'or, au coin du Roi. Une partie dudit fief appartenait à Tévêque du Mans et relevait de Touvoie : il en sera ainsi pendant longtemps encore.

GUILLAUME GASTEL.

Guillaume Gastel appartenait sans doute à l'une de ces familles bourgeoises, (|ui commençaient à s'élever et à remplacer autour du Mans les seigneurs de race noble, décimés et ruinés par la guerre. Les Gastel avaient encore, à la fin du XV® siècle, du crédit et de l'influence. Ainsi, en 1480, René Gasteau était un des échevins de la ville du Mans (1).

Le 8 juillet 1424, le trésorier de la reine de Sicile, comtesse du Maine , donne h Guillaume Gastel quittance des

(1) Annuaire de la Sarthe, année 1841, p. il.

ventes qu'il a payées pour Tacquisition de la dite terre de Chères.

Le 4 août suivant, Jehan du Breil (1) reconnaît avoir fait le retrait féodal de la partie de la dite terre relevante de Vévesdié du Mans pour et au profit de Jehan de Maulny.

A quel degré ce Jehan de Maulny était-il parent de Guillaume de Maulny , qui avait vendu le fief en totalité ? Aucun document ne nous l'indique.

Il parait au reste que ce retrait ne fut pas exécuté entièrement. Car nous voyons Guillaume Gastel recevoir quittance, le 2 juin 1425, d^s ventes qu'il a payées à Adam, evesque du Mans, pour l'acquisition par hnj faite de la dite terre.

% IV

NICOLAS GASTEL.

Combien de temps Guillaume Gaslel a-t-il été seigneur de Chères? L'inventaire ne nous le dit pas. Quelques articles de ce recueil nous mènent rapidement à l'année 1451 , et à cette date, non-seulement Guillaume Gastel a disparu, mais Nicolas Gastel, son fils, est mort également.

Dans l'inten'alle , Jeanne , veuve de François de Gennes, vend, le 14 octobre 1434, aux administrateurs de l'Hôtel-Dieu de Savigné, deux journaux de terre, joignant d'un bout Tats^re de la Jarrie, plus un quartier de vign^ au clos d'Hauteville , et un autre qui fut messire Jean-le-Bon, le tout sis au fief de Chères.

Le 10 février 1445, les administrateurs de l'Hôtel-Dieu de Sa\ngné rendent déclaration au seigneur de Chères pour :

Quatre quartiers de vigne au clos d'Hauteville, joignant d'un bout la vigne de l'abbé de Saint- Vincent, d'autre bout la vigne de la Fratrie de Saint-Germain de Savigné ;

(1) Ce Jeh Jii du Breil était sans doute le commissaire de l V)\.

Sept quartiers au dit clos, joignant d'un bout la rue qui tend de Forges à Blandan ;

Trois quartiers au dit clos, joignant d'un bout la Maison- Dieu ;

Quatre quartiers au dit clos, qui sont de l'ancienne fondation du dit Hôtel-Dieu ;

Deux journaux de terre joignant les choses de Forges ;

Cinq journaux de terre et un quart de bois, joignant d'un bout l'étang de Chères, d'autre bout les choses de la Planchette , et d'autre le chemin de la Mercerie ;

Un petit courtil joignant d'un bout le ruissel qui vient de la bonde de l'étang de Chères.

JEANNE GUILIÈRE, VEUVE NICOLAS GASTEL.

Aucun article de l'inventaire ne nous apprend si Nicolas Gastel laissait en mourant plusieurs enfants ou un seul. Nous voyons Jehanne Guilière, sa veuve, faire à la date du 22 mars 4451 , acte de foi et hommage au roi pour le fief de Chères, sans doute en qualité de mère et de tutrice. En 4459, au plus tard, la branche de Nicolas Gastel disparaît, on ne sait comment.

§ VI

ISABEAU GASTEL.

Guillaume Gastel avait laissé une fille, nommée Isabeau, qui devint dame de Chères, lors de l'extinction de la branche aînée de sa famille. Nous lisons en effet, dans notre registre, une note portant que le receveur du comté du Maine donne, le 28 octobre 4460, quittance du rachat payé par Isabeau , fille de Guillaume Gastel, pour le fief de Chères.

— ÎM —

Quand Isabeau fit cet héritage, elle était depuis longtemps mariée avec Jehan de Beauvais.

Nous n'avons aucun renseignement précis sur la famille de ce Jehan de Beauvais. Une note de M. deMaude, à la suite de son travail sur V Armoriai du diocèse du Mans , nous permet de faire une conjecture, qui n'est pas dépourvue de vraisemblance. Les de Favières, dit-il, étaient seigneurs de Beauvais en Changé (Mayenne). Or, un membre de cette famille de Favières ayant épousé une petite-fille de Jehan de Beauvais et d'Isabeau Gastel (1), ne pourrait-on pas, pour expliquer cette alliance entre les seigneurs de Beauvais et ceux de Chères , supposer qu'une demoiselle de Beauvais avait porté la terre de ce nom dans la famille de Favières? D'un autre côté, notre Jehan de Beauvais ne serait-il point le brave manceau de ce nom, que Ménage, dans la seconde partie de son Histoire de Sablé, cite parmi ceux qui se distinguèrent dans un combat contre les Anglais, en 1441, près de Saint-Denis-d'Anjou? Voici une partie du récit de ce beau fait d'armes, emprunté par Ménage à la chronique de Bourdigné : « Ceste nuyt se misrent en armes messeigneurs de Sillé, Guychard de Balléo,.... Loys de

Dureil, les seigneurs de Juigné, de Champaigne, de la

Roche-Talbot,.... de Beauvais,.... et autres nobles Angevins et Manceaulx, jusques au nombre de soixante lances et quelque peu de gens de pied qui s'estoient rendus a eulx des \illages de là entour, les quelz ensemble délibérèrent d'aller secourir les habitans de Sainct-Denys-d' Anjou, et pour ce faire se misrent à chemin et tant chevauchèrent qu'ilz viendrent au dit bourg , et a leur arrivée trouvèrent les Anglais jà recommençans l'assault contre l'église pour avoir ceulx qui dedans estoient : mais il leur fut bien besoing de cesser leur alarme, car les Angevins et Manceaulx chargèrent si rudement sur eulx que de première poincte

(i) Voir page 3 Vi.

en occirent deux cens ou plU5, et les aultres déconfirent et m'srent en fuyte, lesquels espèrans eulx sauver se gestèrent es vignes qui là près estoient. Mais les gens de pied et paysans les suy virent, de sorte qu*ils furent presque tous mins a mort. Des Françoys ne furent occis que cinq personnes, dont rendirent grâce a Dieu (1). »

Quoiqu'il en soit, Jehan de Beauvais mourut avant le 6 avril 1462. A cette datc^, en effet, on trouve une déclaration faite par Jehan Charretier pour la Taillais et les Guichardicres à Jehan Crespin, curateur des mineurs du dict feu Jehan de Beauvais et d'Isabeau Gastel.

Ces mineui*s, suivant un acte de partage dont nous parlerons plus tard, étaient au nombre de quatre. L'alné s'appelait Ger^•aise, les trois autres étaient des filles, nommées : Anne, Jehanne et Louise. Gervaise ne vécut pas longtemps après son père. Un bail du il décembre 1462 nous apprend qu'à cette époque, il était déjà mort, et que Jehan Crespin, mari d'Anne de Beauvais, signait comme s:?igneur de Chères.

Isabeau Gastel avait sans doute cédé ses droits à sa fille ainée. Elle mourut au plus tard à la fin de 1471, après avoir marié ses deux dernières filles. Le mari de Jehanne se nommait Jehan Mouschet, et celui de Louise, Jehan Blanchard.

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