‹ Le fils Auguste VacquerieChapitre 1 sur 73 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

HAUVëRGNAT, assis à un bureau adossé au mur de droite.

Entre ARMAND. Mauvergnat se retourne, le voit et se rejette à son bureau.

ARMAND

D'aborS, puisque vous ne m'offrez pas cette chaise, je raccepte. (u s'assied.) Ensuite, prêtez -moi quatre mille francs. Je ne sais pas ce que j*ai fait au baccarat , mais il a cessé décidément d'être gentil avec moi. Il m'a encore taquiné toute la nuit. Le fâciieux est qu'il ne s'est pas contenté de me faire perdre tout ce que je possédais. Mauvergnat, combien ça vaut- il ce matin, quatre mille francs? — Silence dans les rangs? Diable I ce sera cher. — Dites donc, j'ai un gage. Un oncle, riche, octogénaire, célibataire 9 sans enfants, sans gouvernante, sans autre neveu que moi, sans nièce, à moi tout seul, avare. C'est le dernier. Après lui, je n'aurai plus- personne à vous donner.

J'ai bien d'autres oncles par-cii par-là, mais je ne les

compte pas, parce qu'ils ont des enfants. Je n'appelle parents que ceux dont j'hérite* La seule excuse de mes faux parents est de ne pas me rogner l'héritage de mon oucle pour de bon : il est, lui, du coté de mon père, et tout le reste est maternel. 11 est donc excellent. Vous vat-il? Non? Vous ne voulez pas de mon dernier oncle? Avarice gaiaotie! Quelle vertu rédhibitoiie lui trouvezvous donc?

MAUVE RGN AT, se ntoninuit.

Ët rhéritage de votre tante de Lyon, quand le touchez-vous?

ARMAND, à part.

Aïeî ^

MAUV£RGNAT.

Ah! vous venez m'emprunterl Oui, comme la nouvelle est de ce matin, vous croyez que je ne la sais pas encore*

Je la savais avant vous! Et vous me proposez votre oncle! Votre tante aussi était une vraie tante, riche, nonagénaire! célibataire...

ARMAND

Sans enfants.

M AUVERGNAT

J*avais Timbécillité de m'intéresser à sa maladie. £Ue est morte. Elle vous avait déshérité !

ARMAND

Vous êtes a-uel, Alauvergnat, de me rappeler une mort

qui a été pour moi une vraie perte.

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