ACTE PREMIER
MA II V ERG i\ Aï.
Voîlà comme vous disiez vrai lorsque vous m'affirmiez
qu'elle n'aimait que vous, que son bien serait pour vous, qu elle n'en distrairait pas. un centime. J'ai eu foi dans la loyauté du comte Armand de Bray...
ARMAND
Et dans les renseignements que vous êtes allé prendre en personne. Vous avez fait le voyage. Vous avez questionné les voisins, les domestiques» le notaire. Tous vous ont répété ce que je vous avais dit.
' * MAUVERGNAT.
£ile meurt, je me frotte les mains, déshérité! Après ce
qu'on m'avait dit, ce n'est pas naturel. Il y a de votre faute. Vous aurez iait quelque chose.
ARMAND
Je vous jure que je n'ai pas fal^é le testament.
MAUVERGNAT.
Vous prêter! C'est-à-dire que vous allez me rendre. £t tout' de suite. Quand je pense qu'en Apprenant la mort
de votre tante j'ai embrassé mou iiis! Vous me devez...
ARMAND4
Pas de chilTres! Je hais T arithmétique.
MAUVERGNAT.
Quatre-vingt-dix-sept mille francs. Si je les perdais I
Oh! je ne les perdrai pas! Quelle est Thonnète aisance qui pourrait résister?
ARMAND
Vous avez une aisance plus que honnête.
MAUVER6NAT*
Des empruats accumulésl II y ea a qui remonteat à je ne sais combien d'années,
▲ RMAliD.
11 est de fait qu'il y a quelques-unes de mes dettes qui manquent de fraîcheur. Je les rencontrerais dans la rne que je ne les suivrais pas.
MAUVEAGKAT. •
Monsieur le comte, pouvez- vous me payer?
ARMAND
Vous êtes impayable.
MAUVËEGIiiAT.
Vous ne pouvez pas vous adresser à votre oncle-pour de bon?
ARMAND
Savez -VOUS pourquoi je suis son héritier? parce qu'il veut qu'après lui sa fortune aille à quelqu'un qui la ménage et qui l'augmente, à un mortel doué d'une forte économie. J'abuse de ce qu'il vit là-bas seul dans un trou de province pour lui faire accroire que je suis d'une parcimonie sordide. Si vous me voyiez quand je vais le serrer sur mon cœuri J'invente des costumes auxquels- vous feriez Taumône! Je n'y vais que tous les quatre ans, à cause des frais de route. Donc, ayant ce bonheur de penser que son héritier est un ladre, représentez -vous son soubresaut si j'allais lui confier que j'ai mangé tout mon argent, et même un peu du sien. 11 ferait comme ma tante, il vous déshériterait. Il serait capable de léguer tout son bien à l'Académie pour fonder un prix d'avarice.