ACTE PREMiElt %t , LOUIS
Vous avez dît à ma mère qu'il était resté votre débiteur. Serais-je indiscret en vous demandant de combien ?
HAUTERGNAT*
Je m'en souviens vaguement.
LOUIS
A peu près ?
MAUVERGNAT.
De trois cent six francs cinquante-cinq centimes* U va sans dire que je ne lui compte pas les loyers que j*û perdus depuis, quoique ce soit par affection. Y compris l'impôt, et avec les intérêts depuis cinq ans, en les proportionnant aux risques, il ne me doit en tout que six cent soixante-quinze francs trente-sept centimes.
A peu près? — Vous avez conservé son portrait ?
MAUVERGNAT.
Oh! oui. Tenez, là. La peinture en est excellente; mais ce qui en fait la valeur pour moi, c'est la ressemblance. Vous pouvez dire que vous le voyez.
LOUIS
Ce portrait, vous ne le céderiez pas ?
MAUVERGNAT.
Le portrait d*un ami? Je ne peux pas le regarder sans être ému. Tant que je Fai, Louis n'est pas tout à foit mort
pour moi. Au bas mot, trois cents francs.
LOUIS
Trois cents fraiicsl Je vous en donne. •«
)i LE fc lLS.
MAL V£HG\AT«
Ob ! impossible d*en rabattre un centime. Et il faut que l'année ait été bien mauvaise pour que je me résigne à me dépouiller de mon ami.
LOUIS
Vous ne m'enteudez pa^. Je dis que ce n'est pas astiez cher.
BIAUYERGNAT.
J*ai bien dit quatre cents francs?
L O U I S I souriant.
Ce n'est pas assez cher, quatre cents firancs.
HAUTERCMAT.
J'espère que tous n'êtes pas venu pour vous moquer de moi. Puisque mes prix ne vous vont pas, dites le vôtre.
LOUIS
Six cent soixante quinze francs trente-sept centimes.
HAUVËRGNAT, à part.
Le chiffre de ma créance.
LOUIS
Voici l'argent.
MAiJV£BGNAT.
Alors, je vois que vous l'aimez bien aussi. Je vais
VOUS le décrocher, (ll court à l'écheUe et TA pour décrocher la toile. Geneviève eort da oftkiaet et le tire par le pan de sa redingote. Le paravent la cache à madame Berteaa et à Louis.) G*est-à-dire , attendez.
GENEVIEVE, baciManvergnat.
Sept cents.