ACTE TROISIÈME. • , S
moi! Elle m'atteBd,*eUe est ma femme, faat-H qae je la repousse? £t que je la. désole? car elle m'aime, elle souffrira. Je ne pourrai même pas lui dire pourquoi je la quitte. Rejetée, sans un mot, brusquement, brutalement. Va celle qui est toujours ma mère* que lui dirai-je? J'imaginerai un prétexte, mais quand je lui rendrai Fargent, • elle verra bien ma raison. Et alors je la réduis à rougir devant moi. Cet argent 7 elle n'en voudra pas. Je le donnerai à la sœur de monsieur Berteau. Il ne l'aimait pas beaucoup, sa sœur. Ainsi, pour cette femme, qui est méchante, qui n'en sera pas meilleure, ni même plus heureuse... — INon, ce n'est pa$ pour elle. Je ne puis rien garder de lui. Sa sœur me donnerait cet^argent que je ne le recevrais pajsk X]e n'est pas ponr elle, c'est pour ma conscience. (Test à ma conscience que je me dévoue — et que je dévoue Geneviève. Je n'aurai pas à baisser le front, j'aurai satisfait mon scrupule, je serai content de moi, et pendant ce
' temps-là, Geneviève s^glotera et se tordra les mains! Ali! est-ce mon devoir, de la fiapper?* est-ce mon droit? Que je me sacrifie, moi, tout entier, à Jamais, soit; maispuisje sacrifier à l'opinion qu'il. me plaît d'avoir de moi le bonheur de' celle qui m'aime? Qu'est-ce que cette vertu' qui consiste à dévouer les ajjitres ? Qu'est-ce que ce bienqui fait du mal? Non, je ne serai pas vertueux à ses dépens. Périsse ma conscience plutôt que Geneviève ! Je m'estimerai un peu moins, mais elle sera heureuse. Ce sera une meilleure manière 'de- me sacrifier. — Je mens, je ne me sacrifierais pas, j'aurais Genevièvel— r Si j'allais à elle ? si j& liii disais qtie je jsuis pauvre, mais que je ne le serai pas longtemps, que je travaillerai double , que je
' gagnerai toutes les causes, qu'on ne voudra plus d'autre
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avocat qae moi? le la connais, ma pauvreté sera plutôt
une attraction pour olle... — Et pojir son père? Et puis, je dirais que je suis devenu pauvre, on me demandèrait comnicut. Je n'aurais pas besoin de répondre, la richesse sabite de mademoiselle Berteau répondrait pour moi* Dire ma pauvreté, c'est dire tout. Et Geneviève saurait que ma mère... Alors, son père pourrait consentir, moi je la refuserais. Il n'est pas possible que ma femme méprise ma mère. — Mais est-ce que je nê m'exagère pas ce que le devoir pe,ut exiger d'un pauv re cœur navré d'autour ? Cet argent, je ne l'ai pas pris, la loi me le donne, je ne serais pas plus rigoriste que la loi, je ne serais pas un
• saint, c'est vrai; je voudrais voir jk Tépreuve ceux qui me blâmeraient... — Plaidaille, avocat! — le ne plaidaille pas, mais enfin , si je n'avais appris la clfose que demain, ce soir, dans une heure, j'aurais été marié, qU'aurais-je fait?.aurais-je bouleversé ?.. . — Pourquoi monsieur de Bray est-il mêlé à cela? Je comprends l'intérêt de l'autre*; quand je suis entré pour parler à Geneviève, je l'ai va
• sortir avec ma tan. .. — mademoiselle Berteau; ils faisaient leurs parts. Hais pourquoi est-ce monsieur de Bray qui me l'a présenté? Il n'hérite pas, lui. Oh ! j'ai peur. Si
• mon mariage est défait... — Oui, il l'a demandée. Geneviève à un autre I Jamais. Ceci termine tout. %% pour qve ce soit bien fini (n prend hi lettre dans sa poche.), CGlle lettre a lait assez de mal , elle n'en fera plus.. ( a u br&ie. ) La lettre ? quelle lettre? Il n'y en a jamais eu. Monsieur de Bray ne sait rien , il m'en â juré sa parole d'honneur après l'allaire.
. Ge Mauvergûat? qui cnnra ce drôle contre moi ? Alors, pourquoi vous étes-vous battu ? Parce que ma mère avMt • été calomniée. La preuve que c'était une calomnie, c'est *