ACTE TROISIÈME, .91 LE COLONEL
11 n'y en a déjà plus qu'un. .
GËxNfiVlÈTE.
Mauvais père! — Au lieu de Toxcitcr au mal, tu ferais bien mieux de m' aider à le gronder d'une chose.
Lit; COLONEL.
fu as besoin qu'on t'aide? (a madame Berteau.) En êtes-
vous? — Nous voici trois, grondons-le. De quoi?
* Gt JSE VIE V K.
• D*ètre venu ici. Gomment, monsieur, vous n'êtes pas
blessé et c'est ici qae vous venez ! Votre première pensée n'est pas d'accourir à nous, de faire cesser notre inquiétude, de vous montrer I Vous ne savez donc pas dans quel état nous étions? Ou vous pardonne parce que vous n'êtes * pas blessé, mais' vous mériteriez que nous fussions malades.
MADÂML liERÏËÂU.
C'est vrai, Louis , pourquoi es-tu venu ici? (n ne lui
xépond pas.) * ^
LE COLONÊL.
Comme c'est difficile à deviner! Pour se rajuster un péu. Assez grondé, tout est bien . Maintenant, Louis, rar-
rangez-vous, et partons.
LOUIS
Hd3 rbeore est passée?
LE COLONEL
Le maire est lin vieil ami à moi et veut bien se tenir à notre disposition toute la journée.
LOUIS
Hais les témoins ont dû s*en aller chez eux.
LE COLONEL
Ah bien, oui! Sans connaître le résultat du duel ! Songez donc, un duél pour des bourgeois! et un duel commé
celui-là! C'est le meilleur plat de leui- dîner, lia u'eu perdraient pas .une bouchée. Qu'attendez-vous ? «
LOUIS
Rien, mais je me sens mal à l'aise.
Je connais cela. Le danger soutient, mais après, les plus braves ont quelquefois un ébranlement nerveux; ça , s'en ira de soi-même. 11 iaut penser à autre chose. Vite, apprêtez-vous.
Et puis, — je sais que c'est absurde, — mais j'éprouve une certaine appréhension à me marier le jour d'.un duel.
LE COLONEL
Quelle appréhension?
LOUIS
11 me semble que j'entrerais mai en ménage par une journée sur laquelle il y a eu du scandale et de la haine.
MADAME BERTEAU
Tu as dit toi-même que c'était absurde.
L£ COLOiSEL.
Ce ne peut pas être là une cause d'ajournement.
ACi£ iUOiSlËME. . • 93 .
G£iS£Vl£VË.
Ge n'eât pas la vraie l , Oh I je comprends I
Tous comprenez ?• . •
GETNETIÈTE. '
Oui! ce n*est pas terminé ! Il n'y a eu qu'une blessure légère, ce n'est pas assez pour eux l ils ne nous ont pas fait assez souffrir ! '
, MADAM£ B£RX£AU»
Vous ne voulez pas recommencer? Ce n'est pas vrai, • n'est-ce pas? •
GBNETIÈVE. «.
Si ! c'est vrai !
LE GOLON£L*
Vous ne recommencerez pas. La provocation de votre £^dversaire s'est déjà faite dans des conditions inusitées et inconvenantes qui vous autorisaient à la dédaigner; Une nouvelle insulte, fiez-vous-en à un soldat, n'insulterait que rinsuUeur. Vous en avez fmi.
LOUIS
Oui , j'en ai fini. * ' •
Alors? ' > ^
LE COLONEL
Qu'est-ce donc qui vous retient?
LOUIS
Ce qve j'ai dit.
. ^ LE COLONET.
Étes-vous ainsi vraiment? Intrépide devant une épée,
trembleur devant une chimère? Après toat« la destiinée n'a
dit ses raisoas à personne. Soit. Nous prierons les témoins dereveoir.
MADAME BERTEAU
Demain matin.
LE COLONEL
Mais ce n'est pas .un motif de faire attendre plus longtemps nos invités. Dépêclions-nous d'aller les rejoindre*
LOUIS
Vous m'excuserez../ ' .
LE COLONEL
Gomment?
LOUIS
Mais je ne me sens pas en état de paraître en A nom-
LE COLONEL
Savez-vous que vos objections à tout devieiment singulières? ' . - *
GENEVIÈVE
Louis!
Assez. Monsieui' est libre. Viens.
GENEVIEVE
Louis!
MADAME BERTEAU. '
Oh l je .vais vous l'amener.
LE COLONEL
Je ne vous en prie pas. (a oeneviève.) Viens.
AGTfi TROISIEME. 95
GENBYIÂYB* A bientôt» Louis, (sue sort avec «on pèr«.)
MADAME iiERTEAU.
A bientôt.