ACTE QUATRIÈME
noQcer à une jeune fille qu'il aimait tant, et j'ai lieu de
penser que vous l'ignorez comme moi. Mais le peu (jue je sais pourra peut-être vous aider à le découvrir.
L£ COLOJ\£L.
Que savez-vous?
UAUTER^NAT.
Ohl presque rien. Le hasard a fait que j'étais ici ce matin quand monsieur Berteau a provoqué monsieur de Bray.
LE COLONEL
Quand monsieur Berteau a provoqué... Que dites-vous donc?
MAUVERGNAT. «
Voici, en propres termes, comment ler choses se sont
passées. J'étais dans ce salon avec monsieur Berteau. Monsieur de Bray est entré par cette porte, tranquillement, comme nous entrerions, vous ou moi. Monsieur Berteau lui a dit: Vous êtes un lâche! Monsieur de Bray a été tout surprb. Imaginez-vous que vous entrez dans un salon et qu'on vous insulte; il s'est lâché, naturellement, vous comprenez ça, vous, et ils ont fait leurs conditions.
LE COLONEL
Pourquoi monsieur Berteau aurait-il insulté mqnsieur de Bray? *
MAUVERGNAT.
C'est ce que j'ignore.
LE COLONEL. '
Vous étiez ici ce matin. Qui ùtcs-vous?
406 tE FILS.
MAU V LUr.iN Al,
Un simple marchand. Hauvergnat, rue Moufietard. S'il vous faut jamais des...
LE COLONEL
Et que faisiez-vous chez moi?
MAUVi:UG.%AT.
J'étais venu traiter une petite aOaire avec monsieur
Berteau.
LE COLONEL
Le jour de son mariage I au moment de la maiiie! Et il vous avait reçu!... — Et ce soir, quelle affaire venez*
vous traiter?
MAUVERGISAI. .
Oh! monsieur le colonel!
LE COLONEL
Vous ne vous êtes pas dérangé uniquement pour me dh*e« dans rintérèt de monsieur Berteau, que monsieur
Jierteau a été le provocateur.
' MAUVËRGNAT.
Quel(^uefois un petit lait eii ualiii au grand.
LE ^COLONEL
Vous en savez plus que vous n'en dites.
M AL V LHGÎ> AT.
Non. *
LE COLONEL
Vous dites mal ce non-là.
MAUVERGAAJ.
Et si je vous en donnais ma parole d'honneur?