‹ Le fils Auguste VacquerieChapitre 61 sur 73 · ACTE QUATHlèME. 407 LE COLONEL · texte numérisé non relu

ACTE QUATHlèME. 407 LE COLONEL

Je n'y croirais pas. . .

li AUVERGNAT, à v^rt:

Je Tespérais bieni (au coionei.) Cette réponse est dure, il est pénible d'essuyer à mon âge la réprobation d'un militaire pour une réserve qui me pa: aîti ait mériter plulotqueique éloge. Car monsieur Je colonel admet sans doute que,

quand môme j en saurais plus lonii que je ne dis, il existe des points sur lesquels un galant homme abdique jusqu'à la pensée.

LE COLONEL

Quels points?

MAUVEUONAT.

Par exemple, — ce n'est qu'un exemple» — l'honneur

d une femme?

LE COLONEL

L'honneur d'une femme!

MAUVËRGNAT.

Uonsieur le colonel, je commence par vous conjurer instamment de ne pas comprendre au delà de mes paroles. Ma phrase aspirait tout au plus à vous fournir un exemple d'un cas où un g^UuiiL homme serait réduit au ihuiismi.'. J'ai émis une hypothèse» je n'ai pas ai^ticuié.un fait. A Dieu ne plaise que je conçoive jamais l'intention de porter atteinte à l'honneur d'un sexe qui n a que nous pour le défendre, et il faut la violence que vous exercez sûr moi pour me faire avouer que ce matin, au moment ôù j'entrais, j'ai surpris monsieur Berteau qui avait à la main une lettre et qui était furieux.

LE COLONEL

Lue lettre? Eh bien, sans doute. De monsieur de Bray. Une lettre ioaolente qui explique remportement de monsieur Berteau en le voyant entrer.

HAUVBR6NAT.

Une écriture de femme.

LE COLONEL

Une écriture de femme? ^

MAUVtUGiNAT.

Et qui étût furieux. Il a appelé, — car c^est lui qui l'a

appelé, je m*en souviens à présent, — il a appelé monsieur de Bray, qui était dehors, et ils ont eu la dispute que je vous ai dite. Moi, j'ai crié : au duel! pour lesempé^ cher, par humanité* Mademoiselle Torelly est venue; je lui ai dit i votre futur va se battre! elle m'a dit : avec qui? je lui ai dit : avec votre cousin ; elle a chancelé. Vous pouvez lui demander. Voilà, cette fois, tout ce qui est à ma connaissance. Vous me couperiez en morceaux, vous ne me feriez pas dire que je sais le grief de monsieur Berteau.

LE COLONEL

Mais vous supposez que c'est la lettre que vous lui avez vue.

Je ne suppose rien. Je ne fais jamais de suppositions;

elles vous entraînent toujours trop loin, et l'on se trouve insensiblement avoir oiTensé des personnes...

LE COLONEL

Qui voulez-vous que cette lettre offense, sinon mon-

' ACTE O^ATRIÈME. . m

sieur Berteau , qui en a demandé satisfaction à celui qui

ravait écrite? Car elle était certainement de monsieur de Bray. Vous avez cru reconnaître une écritu rede .femme,

mais vous vous êtes trompé. Vous hau^^sez les épaules?

MAU7ERGNAT.

Sans m'en apercevoir.

tE COI/ONEt, i lui-même.

Une lettre de femme Après laquelle il y aurait nécessité de duel et impossibilité de mariage! De qui seraitelle? 11 a parlé tout à l'heure de riioiineur d'une... — Estce qpie?...

MAUVERGNAT, à part.

Allons doue I

L£ COLONEL

Est-ce que vous oseriez dire?...

iNotez que je ne souille pas une syllabe.

LE COLONEL

Est-ce que vous auriez l'audace de prétendre que cette lettre... — Tu mens!

MAUVERGiNAI, À part.

C'est lancé.

SCiSîSE IV.

Les Mèhes, GENEVIÈVE.

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