SCENE VIL LE GOLOiNEL, ARMAiND, GENEVIÈVE, LOUIS
6ENETI1S?E*%
Louis» VOUS ne savez pas comment on explique la rupture de notre mariage? On dit que vous me croyez déloyale et fausse et que vous m'avez repuussée comme indigne de vous. Je sais qu'on se trompe; il ne m'est pas venu un seul instant à la pensée que vous ayez pu douter de moi. Mais tout le monde ne vous connaît pas, et ne me connaît pas. Gela peut donc se répandre. Je vous le dis simplement, et je me confie à votre conscience et à votre tendresse pour moi.
LOUIS
Hademoiselie, que le mot déloyauté puisse être associé
à votre nom, c'est là une chose que je devrais concevoir diliicilement. Mais il existe des monstres. Une telle calomnie ne monte pas jusqu'à vous, et vous vous [>assez d'être détendue. Il n*y a en ceci d'oflensé que moi, qu on ose accuser d'avoir mal pensé de vous. G'est donc pour moi, et pour moi seul, que je déclare ici» comme je le déclarerai partout, que vous êtes à mes yeux la plus pure des jeunes filles et que, si j'avais* une sœur, je souhaiterais qu'èlle vous ressemblât.
GENEVIÈVE
Louis, j'étais sûre de votre réponse, et je ne vous en
remercie même pas. Mais vous allez compréndre qu'elle ne
m*a pas justifiée. Sup^josez-mui coupable, qu'est-ce que
VOUS feriez? Vous vous retireriez, et, comme vous êtes bon, vous ne diriez pas pourquoi. C'est précisément ce que vous faites. Vous ne pouvez me justifier qu'en disant votre vrai motif.
LOUIS
C'est impossible.^
ARMAND
C'est nécessaire. Je le demande comme mademoiselle.
LOUIS
Vous?
ARMAN1>.
Moi. Le nom qui a été prononcé contre mademoiselle est le mien.
LOUIS
Et vous n'avez pas démenti?...
ARMAND
Je ne vous ai pas attendu pour attester que c'était une &ussetè exécrable.
LOUIS, à OenevièTe.
Ëbbien?
GENEVIÈVE
L'attestation de monsieur prouve encore moins que le
vôLic. Il serai i d'autant plus tenu de me défendre que l'accusation serait vraie.
Mademoiselle, vous n'avez pas besoin que le démenti
de monsieur ou le mien soient des preuves. Un misérable bomme que je devine a pu essayer de vous calomnier, mais personne ne le croira.