SCÈNE
MAUY£RGNAT, ARMAND, GËN£YIÈV£, »coiiip«giiée
d'une gouvernante.
HAUVERGNAT.
Mademoiselle Torellyl'
ARMAND
Ma cousine I ( s inciwant.) Mademoiselle. . .
6£K£VIËV£, UD peu embarrassée.
Monsieur.. •
MAUVERGiNAT, à part.
Celle qu'il laisse se marier demain, (u lui montoe une
chaise.)
ARMAND, à part.
Bahl (Allant à elle.) BonjoUF; ma cousine, (u lul tend la main.) GENEVIÈVE, donnant la tienne.
Bonjour., mon cousin, (a Manvergnat.) Pardon, monsieur.
MAUVERGNAT, à part.
Ils xotki causer. Écoutons. — Pourquoi vient-elle me
ACT£ PREMIER. il
défier chez moi? (Il «'asded et fait «i^mblant d'être occupé à des papiert.)
ÂBMAND, à Geneviève.
Je devrais vous en vouloir.
GENEVIEVE
» De quoi?
ABHAND.
Quand ce ne serait que de me condamner à une prolongation de Texistence qui me mène!
GENEVIÈVE
Quelle existence?
ARMAND
Une existence qui semble agréable aux passants. En hiver Paris, en été les eaux, raprès-midi les courses ou le bois, le soir le ballet nouveau, la nuit les soupers et le jeu...
GENEVIÈVE
Mais cela vous fait beaucoup de raisons d'étie heureux.
ARMANI).
On n'est pas heureux pour beaucoup de raisons, on ne
l'est que pour une. Quand on peut mettre tant de choses dans sa vie, c'est qu'elle est vide. La mienne l'est terriblement. Et cé n'est pas ce que je mets dedans qui la remplira, yen connais des journées qui sonnent creux I Tout s'en va de chez moi; l'argent, ce n'est rien; mais tout, i"acLivlté, l'anibilion d'être quelqu'un, la valeur morale. Vous voyez,, je n'ai plus même de rancune. Un autre à ma
place serait furieux, souhaiterait qde votre mariage ne se
fit past renpéclMrail. Moi, je vous tends la main. Je ne suis même plus médiant.
«BNBTISTE.
Ke pas être inéciiant, c'est être bon.
ARMAND
C'est ne pas être. Je m'estimerais davantage si j'avais quelque homiQ baine. Mais je suis si bas que je vous vernis malheureuse sans m'en réjouir.
GENEVIEVE, riant.
Ise vous relevez pas.
MAU VERGNATy la <;oaTant de» yeux. A part.
11 me semble que j'entends sonner sa dot dans son rire.
GENEVIEVE
Puisque vous n'êtes pas furieux, vous viendrez à ma
noce?
ARMAND
0 mon Dieu, oui. — J'espère encore qu'en voyant la cbose de près la colère me prendra» que je ressentirai mon injure, que je chercherai querelle à mon rival...
GENEVIEVE
Ob ! mais alors ne venez pas!
ARMAND
N'ayez pas peur. le tâcherai, mais je ne réussirai pas.
GENEVIÂVE.
À la bonne beurel Maintenant il faut que je uie dépêche. (A MattTergaat.) Monsicur...